Etude du recours, de l’accès et de l’abandon des traitements de l’infertilité à partir des données du Système National des Données de Santé

par Khaoula Ben Messaoud

Thèse de doctorat en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Elise de La Rochebrochard.

Le président du jury était Catherine Quantin.

Le jury était composé de Emmanuel Oger, Catherine Gourbin, Philippe Tuppin, Michel Boulvain.

Les rapporteurs étaient Emmanuel Oger, Catherine Gourbin.


  • Résumé

    Plus de 50 millions de couples souffrent d’infertilité dans le monde. Dans les pays développés, la progression de l’infertilité est due principalement au report de l’âge à la parentalité. La prise en charge de l’infertilité se décompose en deux grandes étapes : les traitements d’induction de l’ovulation et les techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP), qui sont respectivement les traitements de première et de seconde intention. Les traitements d’AMP sont relativement bien connus alors que les inductions de l’ovulation restent peu explorées du fait de l’absence de sources de données pour les étudier. L’objectif est d’étudier les traitements de l’infertilité en considérant à la fois les traitements d’induction de l’ovulation et les traitements d’AMP. Pour cela, nous avons utilisé les données de l’assurance maladie française qui sont aujourd’hui accessibles à la recherche, notamment via l’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) et le Datamart de Consommation Inter-Régime (DCIR). Notre objectif se décline en trois axes. Axe 1 : En France un couple 1 sur 4 ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d’essai. Mais quelle est la proportion de femmes traitées pour infertilité ? Le recours global aux traitements de l’infertilité est méconnu en France et dans le monde. Nous avons mesuré le recours annuel aux traitements de l’infertilité. Chaque année, entre 2008 et 2017, 1,25% des femmes de 20-49 ans ont été traitées pour infertilité en France.Derrière un taux très stable sur la décennie, se cache une augmentation de 24% du recours chez les femmes de 34 ans et plus. Axe 2 : Les coûts des traitements de l’infertilité sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie en France. Cependant, la littérature internationale suggère l’existence possible d’un non-accès à l’AMP, même en cas de couverture des coûts. Dans notre étude, nous avons mis en évidence que 70% des femmes en échec d’induction de l’ovulation n’accédaient pas à la FIV. Le désavantage social, la défavorisation de la zone de résidence, les âges jeunes et les âges avancés augmentent le risque de non-accès à la FIV. Axe 3 : Le dernier axe aborde l’abandon précoce des traitements d’infertilité (durant le premier trimestre suivant l’initiation de l’induction de l’ovulation). Le taux d’abandon précoce de l’induction de l’ovulation a été estimé à 30%. Une analyse stratifiée sur le type d’inducteur et de prescripteur a mis en évidence qu’une bonne prise en charge ou suivi diminuent les risques d’abandon tandis que l’âge avancé augmente ce risque. Par ailleurs, il existe une forte interaction entre le type d’inducteur et de prescripteur et la prise charge. La question des inégalités sociales est souvent un angle mort de la prise en charge de l’infertilité qu’il apparaît essentiel d’investiguer dans de nouvelles recherches.

  • Titre traduit

    Use, Access and Discontinuation of Infertility Treatment Based on French National Health Insurance Database


  • Résumé

    More than 50 million couples suffer from infertility worldwide. The increase of infertility in developed countries is mainly due to postponing the age of parenthood. Two main stages in the infertility care pathway can be identified: ovulation induction treatments and assisted reproductive technology (ART), which are respectively the first and second-line treatments. ART is relatively well-known, while ovulation induction remains unexplored due to the lack of available data sources. This dissertation explores infertility treatments by considering both ovulation induction and ART, using. the French National Health Insurance Database, recently opened to research. In particular, we used the general sample of beneficiaries (EGB) and the Inter-Regime Consumption Datamart (DCIR). We achieved our objective by focusing on three axes. Axis 1: In France, one in four couples fails to achieve pregnancy after 12 months of trying, but what is the proportion of women treated for infertility? The overall use of infertility treatment is unknown in France and around the world. Among women aged 20–49, 1.25% were treated for infertility between 2008 and 2017. The stability of infertility treatment use over the decade conceals an increase of 24% in use among women aged 34 and over. Axis 2: In France, infertility treatment costs are fully covered by the national health insurance. However, international publications have suggested the existence of barriers to accessing ART, even in context of free treatment. In our study, we estimated that 70% of women for whom ovulation induction treatment was not successful did not have access to IVF. We show that social disadvantage, deprivation in the area of residence, young ages and advanced ages increase the risk of non-access to IVF. Axis 3: The final axis deals with the early discontinuation of ovulation induction (in the first semester following initiation of ovulation induction). The rate of early discontinuation was estimated to be 30%. A stratified analysis of the type of, the ovulation inductors used and the prescriber showed that good management or monitoring of infertility care reduces the risk of early discontinuation, while advanced age increases this risk. There is also a strong interaction between the type of ovulation inductors and prescriber and management or monitoring of infertility care. The issue of social inequalities is often a blind spot in infertility care that appears essential to investigate in future research.



Le texte intégral de cette thèse sera accessible librement à partir du 03-12-2022


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Paris-Saclay. DiBISO. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.