Thèse soutenue

L’urine humaine en agriculture : des filières variées pour contribuer à une fertilisation azotée durable

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Auteur / Autrice : Tristan Martin
Direction : Sabine Houot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'environnement
Date : Soutenance le 18/12/2020
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Agriculture, alimentation, biologie, environnement, santé (Paris ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Référent : AgroParisTech (France ; 2007-....)
Laboratoire : Écologie fonctionnelle et écotoxicologie des agroécosystèmes (2014-....)
Jury : Président / Présidente : Thierry Doré
Examinateurs / Examinatrices : Thierry Doré, Bernard Nicolardot, Mathieu Sperandio, Arnaud Hélias, Fabien Esculier
Rapporteurs / Rapporteuses : Bernard Nicolardot, Mathieu Sperandio
DOI : 10.70675/864165e6z6534z48d5z9f6az986e698e4f9f

Résumé

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Pour nourrir les humains, l’agriculture actuelle est fortement tributaire de l’utilisation de fertilisants issus de ressources fossiles. Or la majorité des nutriments de l’alimentation est ensuite excrétée dans les urines. Celles-ci sont usuellement mélangées aux eaux usées dont la gestion ne permet qu’un faible recyclage de ces nutriments et entraîne de nombreux impacts environnementaux. L’objectif de cette thèse est de caractériser les filières envisageables de valorisation de l’urine humaine en agriculture au niveau agronomique et de leurs impacts environnementaux. Une revue de la littérature des différents traitements de l’urine et des urinofertilisants obtenus montre que : (i) l'efficacité agronomique de la plupart des urinofertilisants est haute et nécessite d’être davantage étudiée ; (ii) la majorité des pathogènes peuvent être facilement inactivés, les résidus de pharmaceutiques sont plus difficilement dégradés ; (iii) la consommation d'énergie et de réactifs des traitements peut être élevée. L’efficacité fertilisante d’une dizaine d’urinofertilisants a ensuite été mesurée au champ et en serre. Elle est élevée pour la majorité et proche de celle des engrais minéraux (équivalence engrais de 52% à 120%). Elle est liée à une forte teneur en azote minéral dans la majorité des urinofertilisants. La volatilisation ammoniacale peut potentiellement être importante (e.g. 34% de l‘azote en conditions propices), le pH élevé et la teneur en azote ammoniacal, selon les urinofertilisants, étant des facteurs de risque importants. Enfin, une évaluation par analyse du cycle de vie des impacts environnementaux associés à la production de céréales a été réalisée selon le mode de fertilisation : biologique et conventionnelle versus trois urinofertilisants. Les impacts sont plus faibles pour la majorité des indicateurs en comparaison aux pratiques actuelles, en grande partie grâce aux impacts évités de l’épuration des eaux usées et de la production d’engrais minéraux. La volatilisation ammoniacale et la consommation d’énergie des traitements sont les deux éléments les plus sensibles du bilan environnemental. Ces résultats montrent que le déploiement de filières de valorisation de l’urine humaine peut contribuer à une transition vers une gestion systémique et soutenable des nutriments.