Thèse soutenue

Apport des infrasons pour l'assimilation de données dans un modèle global de prévision numérique du temps

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Auteur / Autrice : Pierre J. Y. Vanderbecken
Direction : Jean-François MahfoufChristophe Millet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Océan, Atmosphère, Climat
Date : Soutenance le 22/06/2020
Etablissement(s) : Toulouse 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l’univers, de l’environnement et de l’espace (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre national de recherches météorologiques (France ; 1993-....)
Jury : Président / Présidente : Jean-Pierre Chaboureau
Examinateurs / Examinatrices : Jean-François Mahfouf, Christophe Millet, Marc Bocquet, Chantal Claud, Alain Hauchecorne, Pierrick Mialle
Rapporteurs / Rapporteuses : Marc Bocquet

Mots clés

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Résumé

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Les ondes infrasonores, aussi appelées infrasons, sont des ondes acoustiques comprises entre 0 et 20 Hz émises par une large variété de sources. Leurs basses fréquences font que les gradients verticaux de vent et de température conduisent à la formation de guides d'ondes au sein desquels ces ondes peuvent se propager sur des milliers de kilomètres en étant très peu atténuées. Comme ce type de propagation est intrinsèquement lié à la circulation atmosphérique, ces ondes peuvent être utilisées comme traceurs. La circulation générale dans la stratosphère et la mésosphère, que l'on regroupe sous le terme générique de moyenne atmosphère, constitue pour les infrasons les guides d'ondes les plus efficaces. On se propose ici d'exploiter les signaux infrasons reçus au sol pour apporter de l'information nouvelle sur la circulation de la moyenne atmosphère. Elle pourra être utilisée afin d'améliorer l'initialisation des modèles de prévisions numériques du temps (PNT). Pour qu'une observation puisse être assimilée, il est nécessaire de définir un opérateur d'observation, capable de la simuler à partir des prévisions du modèle. L'objectif de cette thèse est d'examiner comment assimiler les infrasons en construisant un opérateur d'observation dédié. Après avoir présenté l'état de connaissance sur la circulation atmosphérique et le principe de l'assimilation de données, nous examinons les données infrasons du système de surveillance international. Ce système est maintenu par l'Organisation du Traité d'Interdiction Complète des Essais nucléaires (OTICE). Un opérateur d'observation compatible avec les besoins de l'assimilation peut être construit à partir d'un modèle de propagation en tirant parti de méthodes de propagation rapide et des sources naturelles connues comme les volcans. Compte tenu des limitations associées à ces méthodes et ces sources, il est difficile de construire un opérateur d'observation permettant l'assimilation directe des données infrasons. Nous proposons alors de résoudre le problème inverse pour obtenir des profils verticaux de vent et de température cohérents avec les signaux infrasons mesurés. Dans un premier temps nous avons mis en évidence la nécessité d'ajouter une perturbation aux profils atmosphériques pour restituer des signaux acoustiques réels par tracés de rayons ou décomposition modale. Ensuite, dans le cadre d'une atmosphère simplifiée à deux degrés de liberté et des signaux synthétiques, nous avons examiné la capacité des méthodes locales d'optimisation à estimer la perturbation atmosphérique minimisant l'écart entre les signaux modélisés et observés. Les résultats de cette étude montrent la difficulté d'obtenir une perturbation optimale sans information a priori sur celle-ci. Ce constat nous a amené à développer une approche bayésienne, en prenant pour a priori un ensemble d'analyses et de prévisions à courte échéance du modèle global de PNT de Météo-France. On utilise l'écart entre les résultats de simulations par un code de tracés de rayons et les détections infrasons pour évaluer la vraisemblance de chacun des membres de l'ensemble. Cette méthode a été évaluée sur une base de détections de signaux infrasons issus des éruptions du Mont Etna en mai 2016. Nous montrons que cette méthode permet de sélectionner les membres de l'ensemble les plus vraisemblables, et ainsi fournir des profils atmosphériques, en accord avec les infrasons observés. Ils pourront ensuite être considérés comme des pseudo-observations dans un système d'assimilation de données.