Vers une grammaire du désir : dire l’union et la chair en grec préclassique (étymologie, lexicologie et sémantique)

par Johan Milan

Thèse de doctorat en Études grecques

Sous la direction de Markus Egetmeyer.

Le président du jury était Gabriella Pironti.

Les rapporteurs étaient Nadine Le Meur-Weissman, Pierre Judet de La Combe.


  • Résumé

    Comment dire le désir érotique et ses concrétisations ? Des épopées homériques aux odes de Pindare, de la cosmogonie hésiodique à l’invective moraliste et à la passion des lyriques, la présente étude passe au crible l’ensemble des textes grecs de la période archaïque pour éclairer ce phénomène linguistique. Le désir et la sexualité sont traités comme une langue à part, au sein du grec, convoquant un lexique, une syntaxe et une stylistique spécifiques. Le lexique détoure les mots de la langue commune et bâtit les concepts du désir dans une chronologie particulière, détaillant ce que le français construit souvent comme synonymes. Le désir se fait force implacable et artefact magique redoutable. La syntaxe de l’union et de la procréation – au cœur de l’élaboration des généalogies, notamment – se déploie sous de fortes contraintes. Elle oscille entre le frein de la bienséance – érotisme perçu comme inconvenant, alors qu’il joue un rôle incontournable dans la construction des personnages et la structuration de l’univers – et l’excès obscène qui le change en arme morale. Difficile à dire, l’érotisme s’énonce à demi-mot, ou mots grossis, dans un système complexe de conventions. Sa stylistique, enfin, lui donne corps : elle le dessine comme un objet palpable, proche des parures travaillées et des amulettes, lui donnant matière et éclat ; elle le met en scène, surtout dans la nature, qui reflète en profondeur ses ambivalences, entre fascination et danger. Les métaphores érotiques et sexuelles convoquent paysages, plantes et animaux pour ancrer l’homme et son désir dans le monde. La grammaire du désir est un mécanisme complexe qui joue de connivence et questionne la nature humaine.

  • Titre traduit

    Building desire a grammar : expressing sexual congress and flesh in pre-classic Greek (etymology, lexicology and semantics)


  • Résumé

    How to express erotic desire and its success? From Homeric epics to Pindar’s odes, from Hesiod’s cosmogony to the harsh moral invective, and the passion of lyrics poets, this study examines all the linguistic material from the archaic period to show that process. Desire and sexuality are considered an idiom of their own, within ancient Greek, using their own words, syntax and stylistics. Their words dwell in those of the common tongue and build concepts of desire inside a specific timeline. French is often blind to such a differentiation. Desire turns into an overpowering force and a formidable magical artefact. The syntax of sexual congress and procreation – at the heart of genealogies – thrives through strong constraints, such as decency – and, although eroticism is fundamental in building characters or structuring the world, it is seen as inappropriate – and obscene excess, while fighting for morality. Eroticism is hard to express: it uses the implicit or the caricature, and follows complex conventions. Its stylistics, at last, words its embodiment: desire becomes an object one can touch, wear like an amulet or an ornament, and see, thanks to its glow and material. It is staged, especially in nature, because it reflects its inner ambivalence, between fascination and danger. Erotic and sexual metaphors call out landscapes, plants, and animals, in order to insert desiring human beings into the world. The grammar of desire forms a complex mechanism based on complicity and the questioning human nature.

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