Diversité des sources distribuées dans les comètes : les cas du formaldéhyde et de la glycine
| Auteur / Autrice : | Katia Hadraoui |
| Direction : | Hervé Cottin, Nicolas Biver |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'Univers et Environnement |
| Date : | Soutenance le 17/12/2020 |
| Etablissement(s) : | Paris Est |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences, Ingénierie et Environnement (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2010-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (Créteil ; 1997-....) - Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (Créteil) |
| Jury : | Président / Présidente : Marie-Claire Gazeau |
| Examinateurs / Examinatrices : Hervé Cottin, Nicolas Biver, Didier Despois, Grégoire Danger, Cécile Engrand, Dominique Bockelée-Morvan | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Didier Despois, Grégoire Danger |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Présentes depuis la formation du Système Solaire, les comètes suscitent un intérêt particulier. Elles ont pu apporter sur la Terre primitive des composés organiques, et ainsi favoriser l’apparition de la vie. Des observations depuis la Terre et des missions spatiales ont permis de mesurer la composition de ces petits corps, et en particulier celle de son atmosphère. Un grand nombre des molécules observées dans l’environnement cométaire provient directement de la sublimation des glaces du noyau, mais la distribution de certaines d’entre elles est plus complexe.Ce travail de thèse entre dans le cadre de l’étude des sources distribuées dans les comètes. Deux molécules ont été étudiées au cours de cette thèse. D’une part, le formaldéhyde qui présente un comportement atypique dans la plupart des comètes dans lesquelles il a été détecté. Le cas de six comètes est discuté : C/2001 Q4 (NEAT), C/2004 Q2 (Machholz), 8P/Tuttle, C/1996 B2 (Hyakutake), C/2012 S1 (ISON) et C/2012 F6 (Lemmon). D’autre part la glycine, pour laquelle un profil de densité en fonction de la distance au noyau a été mesuré dans la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko lors de la mission Rosetta. Ce profil de densité présente un comportement particulier.Afin d’interpréter ces observations, j’ai développé un modèle numérique appliqué dans un premier temps à la production de formaldéhyde dans les atmosphères cométaires, puis étendu au cas de la glycine. Deux cas ont été considérés pour l’étude du formaldéhyde : a. celui-ci est formé à partir de sublimation des glaces du noyau, b. celui-ci est produit à partir d’une source distribuée impliquant la dégradation thermique et photochimique du polyoxyméthylène présent sur les particules éjectées du noyau. Concernant la glycine, trois cas ont été pris en compte : a. celle-ci est émise directement et uniquement à partir de la sublimation des glaces du noyau, b. celle-ci est produite à partir de la sublimation de glycine solide présente sur les particules de poussière éjectées du noyau, c. celle-ci serait incluse dans la matrice de glace d’eau présente sur les particules de poussière éjectées du noyau et serait émise en phase gazeuse en même temps que la glace d’eau sublimerait. Ces deux derniers cas s’apparentent à une source distribuée.Une source unique à partir du noyau n’explique pas les profils de densité mesurés de formaldéhyde dans les comètes C/2001 Q4 (NEAT), C/2004 Q2 (Machholz), 8P/Tuttle, C/1996 B2 (Hyakutake), C/2012 S1 (ISON) et C/2012 F6 (Lemmon). Ce cas ne permet pas non plus d’expliquer les observations de glycine faites dans la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. La meilleure hypothèse concernant le formaldéhyde correspond donc, d’une part, à une faible production à partir du noyau, soit entre 0 et 0,2% par rapport à la production de gaz total. Et d’autre part à une majorité de formaldéhyde provenant d’une source distribuée à partir de la dégradation de son polymère, le polyoxyméthylène pour des quantités qui varient, d’une comète à l’autre, entre 0,25 et 2,7 % de polyoxyméthylène en masse dans les particules. En ce qui concerne la glycine, les observations peuvent être ajustées si l’on considère la sublimation de glace d’eau à partir des particules de poussière dans l’atmosphère avec une abondance de glycine d’environ 170 ppb en masse au sein de la glace d’eau