Une approche spatio-temporelle de la dépendance à la mobilité dans les métropoles de Barcelone et d'Aix-Marseille-Provence

par Paolo Chevalier

Thèse de doctorat en Aménagement de l'espace, Urbanisme

Sous la direction de Caroline Gallez et de Juan Antonio Modenes Cabrerizo.

Soutenue le 20-11-2020

à Paris Est en cotutelle avec l'Universitat autònoma de Barcelona , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2015-....) , en partenariat avec Laboratoire Ville, mobilité, transport (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) (laboratoire) et de Laboratoire Ville, mobilité, transport (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) (laboratoire) .

Le président du jury était Sylvie Fol.

Le jury était composé de Caroline Gallez, Vincent Kaufmann, Christophe Imbert, Floridea Di Ciommo, Sandrine Wenglenski.

Les rapporteurs étaient Vincent Kaufmann, Christophe Imbert.


  • Résumé

    Cette thèse tente d'éclairer un paradoxe entre, d’un côté, le fait que la mobilité spatiale constitue une ressource, notamment à l'accès à l'emploi ou au logement, et, de l’autre, que les pratiques de mobilité génèrent des coûts ou des difficultés importantes (en termes financiers, d'efforts au quotidien, de conséquences sur l’organisation de la vie personnelle ou familiale), en particulier pour ceux qui ont de longs budgets-temps de transport pour se rendre sur leur(s) lieu(x) de travail. Nous nous intéressons aux travailleurs qui appartiennent aux catégories sociales les plus modestes car nous faisons l'hypothèse qu'ils ont moins de marges de manœuvre pour s'adapter à ces situations de mobilité fortement contraintes. Pour cette étude, nous chercherons à comprendre dans quelle mesure les longs budgets-temps quotidiens pour se rendre au travail sont révélateurs d'une dépendance à la mobilité et quelles en sont les formes et les conséquences pour les actifs disposant de revenus modestes.Après avoir quantifié cette population avec les enquêtes de mobilité disponibles dans la Région Métropolitaine de Barcelone et la Métropole Aix-Marseille-Provence et divisé celle-ci en quatre groupes : les « Lents pendulaires », les « Rapides pendulaires », les « Lents multi-lieux de travail » et les « Rapides multi-lieux de travail », nous mènerons une enquête qualitative auprès de 40 d’entre eux. D’abord, la collecte de données GPS va permettre d’observer leurs déplacements quotidiens pendant une semaine. Un entretien semi-directif avec les individus permet ensuite de commenter l’espace parcouru ainsi que leur situation résidentielle, professionnelle et familiale. Dans un second temps, le recueil de données biographiques nous donnera la possibilité de reconstruire leur parcours de vie dans le temps et dans l’espace. Avec cet ensemble de données, nous analysons comment cette situation de mobilité quotidienne fortement contrainte est liée aux ajustements entre leurs aspirations et les conditions d'accès au logement, aux ajustements de la vie professionnelle et de la situation familiale, et aussi, aux évolutions de leurs aptitudes et de leurs potentiels de mobilité au cours de la vie. Malgré l’observation de pratiques de mobilité très hétérogènes, nous constatons pour les actifs modestes que les longs budgets-temps de transport sont, parfois, le prix à payer pour être intégrés socialement dans ces deux métropoles européennes.

  • Titre traduit

    A spatial-temporal approach to the dependence on mobility in the Metropolitan Region of Barcelona and the Metropolis Aix-Marseille-Provence.


  • Résumé

    This PhD dissertation aims to provide a better understanding of the paradox of spatial mobility, which is both a resource and a constraint. While people are likely to embark on longer commutes to find a job or better housing, moving is costly, tiring and time-consuming, even more so for those with a long travel-time budget between their place of residence and their place(s) of work. Assuming that low income workers have less capacity to adapt themselves to severely restricted situations of mobility, we research the extent in which long travel-time budgets will indicate how low income workers are dependent on mobility and identify its forms and consequences.By analysing the mobility surveys from the Metropolitan Region of Barcelona and the Metropolis Aix-Marseille-Provence, we first quantify and divide this population into four categories: the “slow commuters”, the “fast commuters”, the “slow commuters with multiple workplaces” and the “fast commuters with multiple workplaces”. Next, with a sample of 40 individuals, we commence a qualitative analysis. Initially, we collect one week of GPS data of their daily routine and hold a semi-structured interview to discuss their daily movement patterns as well as their residential, professional and familial situation. Our second study consists of an analysis of the biographic data, which provides for the opportunity to reconstruct, in time and space, the life course of these workers. Consequently, through these studies we can observe how long travel-time budgets are related to the adjustments of these individuals’ life aspirations, professional career, access to housing and family life, as well as changes in their ability to be mobile or the potential to move during their lifetime. Despite heterogeneous practices of mobility, we conclude that long travel-time budgets are sometimes the price to pay for low income workers to be socially integrated in these two European metropolises.


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