La vache globale : la génétique quantitative dans la globalisation de la sélection bovine

par Lidia Chavinskaia

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Pierre-Benoît Joly et de Vincent Ducrocq.

Soutenue le 16-12-2020

à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Organisations, marchés, institutions (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés (laboratoire) et de Laboratoire Interdisciplinaire Sciences- Innovations- Sociétés / LISIS (laboratoire) .

Le président du jury était Catherine Paradeise.

Le jury était composé de Pierre-Benoît Joly, Vincent Ducrocq, Frédéric Goulet, Etienne Verrier, Elise Demeulenaere, Julie Labatut.

Les rapporteurs étaient Frédéric Goulet, Etienne Verrier.


  • Résumé

    Cette thèse interdisciplinaire traite la question de la globalisation au travers des organismes vivants impliqués dans les organisations sociotechniques industrielles. La vache, animal qui évolue aux côtés des humains depuis le Néolithique, est porteuse de valeurs et d’enjeux économiques, politiques, culturels et technologiques constitutifs de notre société. La race Holstein, incarnation de l’animal ‘moderne’ par excellence, tel un mix de nature, culture et technoscience, est devenue symbolique de la globalisation dans le monde animal. Présente dans 130 pays et adoptée par de nombreux imaginaires culturels, elle pose néanmoins question des limites biologiques de la globalisation industrielle et marchande. En suivant les acteurs de la sélection bovine au niveau international, la thèse porte un double regard sur cette question depuis le champ des STS (Science and Technology Studies) d’une part et depuis la discipline de la génétique animale d’autre part. Représentés par les scientifiques généticiens, les gènes bovins apparaissent pleinement comme acteurs des processus globalisants inhérents à notre ‘modernité’ technoscientifique. Leurs circulations (ré)agencent des liens invisibles mais non moins constructifs du monde global. Les interactions entre les gènes et leur environnement produisent des effets qui vont bien au-delà des limites physiques du corps animal et façonnent le paysage mondial de la sélection et des productions animales. Les tensions qui s’accentuent entre les acteurs scientifiques et marchands, entre les théories et les pratiques, entre les pays dits développés et ceux en développement appellent à porter un regard différent sur les activités industrielles impliquant les organismes vivants. Ce regard holistique est porté ici au travers de l’unité entre l’animal et son milieu qui dépasse le système de production stricto sensu. La notion d’interaction génotype-milieu issue de la génétique, amenée à l’existence par ses méthodes statistiques et mise en politique dans la globalisation de la sélection bovine permet de rendre compte du lien intrinsèque et complexe entre la vie biologique et la vie sociale

  • Titre traduit

    The global cow : Quantitative genetics in the globalization of cattle breeding


  • Résumé

    This interdisciplinary thesis questions the issue of globalization through living organisms involved in industrial sociotechnical organizations. The cow, an animal that has evolved alongside humans since Neolithic times, embodies numerous economic, political, cultural and technological issues. The Holstein breed, the incarnation of 'modern' animal as a mix of nature, culture and technoscience, has become symbolic of globalization in the animal world. Present in 130 countries and adopted by many cultural imaginaries, it nevertheless challenges the biological limits of industrial and commercial globalization. By following the actors of cattle breeding at the international level, the thesis brings an original perspective on this question from both STS (Science and Technology Studies) and the discipline of animal genetics. Represented by geneticists, bovine genes fully appear as actors of the globalizing processes of our techno-scientific 'modernity'. Their circulations (re)arrange invisible but constructive links of the global world. The interactions between genes and their environment produce effects that go far beyond the physical boundaries of the animal body and shape the global landscape of animal breeding and production. The growing tensions between scientific and commercial actors, between theories and practices, and between developed and developing countries call for a different view of industrial activities involving living organisms. A holistic approach is adopted here through the unity between the animal and its environment beyond the production system narrowly defined. The notion of 'genotype by environment interaction' issued from statistical genetics and put into politics within the globalization of bovine breeding helps to understand the intrinsic and complex link between biological and social life


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Communautés d’Universités et d'Etablissements Université Paris-Est. Bibliothèque universitaire.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.