Thèse soutenue

Les reliures romanes de la bibliothèque de Clairvaux : étude archéologique et biocodicologique

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Auteur / Autrice : Elodie Leveque
Direction : François Bougard
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et archéologie des mondes médiévaux
Date : Soutenance le 27/05/2020
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Archéologies et sciences de l'Antiquité (Nanterre ; 1999-....)
Jury : Président / Présidente : Flavia De Rubeis
Examinateurs / Examinatrices : François Bougard, Flavia De Rubeis, Mathieu Arnoux, Anne-Marie Turcan-Verkerk, Eliana Magnani Soares-Christen
Rapporteurs / Rapporteuses : Mathieu Arnoux, Anne-Marie Turcan-Verkerk

Résumé

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Cette recherche se concentre sur l'étude des reliures romanes de la bibliothèque de l'abbaye de Clairvaux, qui représente à l’heure actuelle la plus grande collection romane connue. Sur les 160 reliures étudiées, une série recouverte de peau de phoque a retenu notre attention. Si la collection de Clairvaux a conservé le plus grand nombre de chemises velues, l'ensemble de l’ordre cistercien semble en avoir fait largement usage au cours des XIIe et XIIIe siècles. Bien que la majeure partie de la collection ait été reliée de la même manière, seules 18 reliures de Clairvaux ont conservé leur état d'origine avec leurs chemises presque intactes. Ces dernières sont décrites dans les catalogues modernes comme étant de la peau de sanglier ou de cerf. Cependant, sous microscope, la distribution des follicules pileux ne correspond à aucun de ces deux animaux. En vue d’identifier l’origine animale des chemises, des analyses protéomiques et génomiques non invasives ont été menées. La première a permis d’identifier les peaux de pinnipèdes. L'utilisation de peaux de phoque en Champagne, à une distance considérable de la mer, est curieuse. De plus, il n'y a aucune preuve archéologique de populations de phoques sur les côtes françaises au Moyen Âge. Le séquençage ADN a en outre permis de résoudre la question de l’origine géographique de six documents, suggérant un commerce important de peaux de phoque comme marchandise, possiblement sur les foires de Champagne. L'étude biocodicologique des reliures permet de mesurer l’implication des cisterciens dans le commerce international, mais également d’appréhender l'aspect physique des manuscrits à l’origine. La collection romane de Clairvaux offre aussi l'opportunité d'étudier des reliures de provenance extérieure, comme celles réalisées pour le prince Henri dans un atelier urbain, ou encore les structures de voyage souples qui donnent une idée beaucoup plus large de la production de reliures romanes françaises de l’époque.