Thèse soutenue

Esprit de faubourg à Paris, péricentres modernistes à Séoul : les enseignements de deux expériences urbaines opposées

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Auteur / Autrice : Yunjoo Lee
Direction : Sophie Houdart
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Aménagement de l'espace, urbanisme
Date : Soutenance le 08/01/2020
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Université Paris Nanterre)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (Nanterre ; 1967-...)
Jury : Président / Présidente : Gabriel Wackermann
Examinateurs / Examinatrices : Sophie Houdart, Gabriel Wackermann, Philippe Haeringer, Hamidou N’Diaye
Rapporteurs / Rapporteuses : Gabriel Wackermann, Alain Delissen

Résumé

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La structure urbaine dite « radioconcentrique multipolaire » de Paris, irradiant ses faubourgs d’enceinte en enceinte, et la structure urbaine de Séoul multipliant ses péricentres en une sorte de « dispersion multipolaire », nécessitent deux analyses urbanistiques différentes. Tout d’abord, concernant l’urbanisme de la ville de Paris, nous chercherons à saisir « l’esprit » des faubourgs, en supposant que le caractère spécifique d’un faubourg relève de l’accumulation progressive du temps vécu en un même lieu. Les tentatives de résolution des problèmes urbains rencontrés par des populations appartenant à diverses couches sociales, défi auquel chaque ville est confrontée, passent ici par des alternatives tenant compte de cette juxtaposition. Cela revient à « rebâtir la ville sur la ville » sans rien perdre de ses richesses humaines. Au moins dans l’idéal. Nous illustrerons cette approche en étudiant les théories avancées par Paul-Henri Chombart de Lauwe, Gaston Bardet, Robert Auzelle, etc., qui proposent une « ville essentielle » tout en critiquant les « villes formelles ». En revanche, Séoul continue de produire encore aujourd’hui une « ville sans âme », en s’adonnant essentiellement à la multiplication des immeubles d’appartements et ce, en ne tenant pas compte de l’esprit des lieux. Cependant, contrairement au renoncement de Paris aux « grands ensembles », marqué par le retour du pavillonnaire et du logement individuel à la fin des années 1970, ce type de développement connait dans la capitale sud-coréenne un grand succès en tant que moyen d’enrichissement rapide des classes les plus riches, qui recourent systématiquement à des spéculations immobilières. De ce fait, nous observons l’accélération de ce phénomène social bien connu voulant que les riches s’enrichissent et que les pauvres s’appauvrissent. Dans cette thèse, nous avons comparé le projet de réaménagement, plus exactement de renouvellement, de trois quartiers parisiens, à savoir le Marais, la Goutte d’Or et Château-Rouge, d’une part, avec le projet de refondation de deux quartiers séouliens, Seochon et Wangsibri, d’autre part. Cela nous a permis de confronter deux approches urbanistiques opposées. Au-delà des déterminismes géographiques, historiques et culturels des deux situations, nous pensons avoir apporté des éléments de réflexion pour appréhender ce que pourrait être notre « futur urbanisme ».