Thèse soutenue

Le bilinguisme des enfants franco-turcs : représentatiοns crοisées des enseignants et des parents

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Auteur / Autrice : Keziban Yildiz
Direction : Mehmet-Ali Akinci
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage - linguistique
Date : Soutenance le 16/12/2020
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Normandie Humanités (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire dynamique du langage in situ (Mont Saint Aignan, Seine-Maritime ; 2017-.....)
Etablissement de préparation de la thèse : Université de Rouen Normandie (1966-....)
Jury : Président / Présidente : Andrea Young
Examinateurs / Examinatrices : Mehmet-Ali Akinci, Andrea Young, Maria Kihlstedt, Salih Akin, Véronique Miguel Addisu, Nathalie Thamin
Rapporteurs / Rapporteuses : Andrea Young, Maria Kihlstedt

Résumé

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Notre travail de recherche, à dominante sociolinguistique, porte sur la question des représentations sur le bilinguisme des enfants franco-turcs de leurs parents et de leurs enseignants. La notion de « représentation » des sujets sur les langues est, de nos jours, de plus en plus présente en linguistique, notamment dans l’enseignement (Véronique 1990, Zarate 1993 ; Muller 1998). En effet, des images, fortement stéréotypées, peuvent recéler un pouvoir valorisant ou, a contrario, inhibant vis-à-vis de l’apprentissage et de la pratique des langues. Le but de notre étude est justement, non seulement de tenter d’identifier les représentations linguistiques des enseignants et des parents turcophones, vis-à-vis de l’usage des langues et cultures d’origines turque et française des enfants turcophones mais aussi de trouver des liens de causes à effet entre les représentations et leurs impacts sur l’apprentissage des langues par ces enfants. En effet, un usage « n’existe pas sans sa représentation et (...) l’interaction entre les pratiques constituent un ensemble indissociable » (Canut, 1996 : 25). Notre expérience sur le terrain en tant que médiatrice interculturelle auprès de la communauté turcophone et notre contact permanent avec les parents et les enseignants nous ont donné l’occasion d’être confrontée à des situations méritant d’être explorées. Pour ce faire, nous avons utilisé deux questionnaires, un en direction des enseignants de Bordeaux et de ses communes environnantes et un autre en direction des parents turcophones des mêmes communes. Ainsi, notre échantillon est constitué de 124 parents et de 95 enseignants. Ces questionnaires ont permis d’évaluer les pratiques langagières des Turcs, les pratiques scolaires des enseignants et les représentations linguistiques des uns et des autres. Les résultats de nos questionnaires montrent que les représentations des uns et des autres demeurent encore très vivaces. Les enseignants attendent des parents turcophones qu’ils s’investissent davantage dans l’éducation de leurs enfants et les parents, dont presque la moitié a une faible compétence en français, pensent qu’ils font ce qui est attendu d’eux. Cette absence de dialogue n’est pas sans exercer une influence sur la relation pédagogique et sur les attentes des uns et des autres quant aux performances scolaires. Nos résultats prouvent qu’il est plus que jamais temps de faire dialoguer ces deux mondes antagonistes pour une meilleure connaissance réciproque, qui ne peut que seulement contribuer à l’intégration sociale des parents et à la réussite scolaire des élèves franco-turcs.