Efficacité des aires protégées : la pierre angulaire de la conservation de la biodiversité permet-elle réellement de protéger la nature ?

par Victor Cazalis

Thèse de doctorat en Ecologie et Biodiversité

Sous la direction de Ana Rodrigues.


  • Résumé

    Les espoirs de stopper la crise actuelle de biodiversité reposent principalement sur les aires protégées, qui visent à écarter ou restreindre les activités humaines de ces sites. Malgré le rôle central que jouent les aires protégées dans les stratégies de conservation de la biodiversité, les études mesurant leur efficacité réelle à limiter la perte de biodiversité restent rares. Mesurer cette différence n’est pas si évident qu’il y paraît puisque cela nécessite de comparer la biodiversité de sites protégés et de sites témoins non-protégés (qui ne diffèrent que par leur statut de protection) et requiert donc l’utilisation de gros jeux de données, qui sont rares. Dans cette thèse, j’utilise plusieurs jeux de données publics, principalement issus de programmes de sciences participatives, pour mesurer l’efficacité des aires protégées. Dans le premier chapitre, j’utilise des données d’abondance d’oiseaux issues de la « North American Breeding Bird Survey » et je montre que les aires protégées n’ont pas d’effet sur la richesse spécifique ou l’abondance totale mais qu’elles favorisent les espèces spécialistes. Dans le second chapitre, je me concentre sur les forêts tropicales de huit points chauds de biodiversité et j’utilise les données eBird pour montrer que les aires protégées ralentissent les déclins d’espèces d’oiseaux dépendantes des forêts, endémiques et menacées. De plus, je montre que cet effet sur les oiseaux est induit par le double effet qu’ont les aires protégées sur la réduction de la déforestation et de la dégradation de la forêt. Dans le troisième chapitre, je modélise la sensibilité à la pression humaine de chaque espèce d’oiseaux se reproduisant en Amérique et j’explore la capacité du réseau d’aires protégées à conserver les espèces les plus sensibles. Je montre que les zones où les espèces sont très sensibles (principalement dans les tropiques) sont souvent trop peu couvertes par des aires protégées intactes, laissant de nombreuses espèces sensibles sans aucun habitat protégé intact sur l’ensemble de leur aire de répartition. Enfin, dans le quatrième chapitre, j’interroge l’effet que peuvent avoir les aires protégées sur les comportements humains, en montrant que les habitants de municipalités françaises qui sont proches de parcs naturels adoptent plus de comportements pro-environnementaux. Dans leur ensemble, ces travaux de thèse soutiennent que les aires protégées peuvent constituer un outil efficace pour conserver la biodiversité et soulignent l’importance et la complexité de mesurer leur efficacité.

  • Titre traduit

    Effectiveness of Protected Areas : is the cornerstone of biodiversity conservation really enabling the protection of nature ?


  • Résumé

    Humanity’s main hope to halt the ongoing dramatic biodiversity declines is to buffer and restrict human activities from some sites, called protected areas. Despite the central role that protected areas have in biodiversity conservation strategies, there have been surprisingly few studies evaluating their practical effects in terms of avoiding biodiversity loss. Measuring the difference protected areas make is challenging, as it requires substantial datasets that enable comparing biodiversity from protected versus unprotected counterfactual sites (differing only in their protection status). In this thesis, I take advantage of extensive publicly available datasets, mainly from citizen science programs, to measure the effectiveness of protected areas. In the first chapter, I use bird data from the North American Breeding Bird Survey and show that protected areas do not increase overall species richness or abundance but that they favour specialist species. In the second chapter, I focus on tropical forests from eight biodiversity hotpots and use eBird data (a global network of bird observations) to show that protected areas mitigate declines from forest-dependent, endemic, and threatened species. I additionally show that this positive effect on birds is due to the mitigating effect that protected areas have on both forest loss and forest degradation. In the third chapter, I model the sensitivity to human pressure of all bird species breeding in the Americas and explore the ability of the protected area network to conserve the most sensitive species. I show that protected area intactness is not higher where species need it the most, leaving many high-sensitivity species with null coverage of their distribution by intact protected habitats. Finally, in the fourth chapter, I question the effects that protected areas can have on human behaviours, showing that inhabitants from municipalities that are located close to natural parks in France are more likely to adopt pro-environmental behaviours. Globally, this thesis emphasises that protected areas can be an effective tool to conserve biodiversity and highlights the need to, and the complexity of, measuring their effectiveness.


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