Administrer la santé mentale : rhétoriques et politiques de l'expérience

par Erwan Autès

Thèse de doctorat en Philosophie, épistémologie

Sous la direction de Samuel Lézé.

Soutenue le 16-06-2020

à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) , en partenariat avec Institut d'Histoire des représentations et des idées dans les modernités (Lyon ; Clermont-Ferrand ; Saint-Étienne) (laboratoire) et de École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) .

Le président du jury était Sarah Carvallo-Plus.

Le jury était composé de Sarah Carvallo-Plus, Stephanie Lloyd, Florence Weber, Laurence Kotobi, Jean-Philippe Pierron, Frédéric Pierru.

Les rapporteurs étaient Stephanie Lloyd, Florence Weber.


  • Résumé

    Dans l’espace politique de la santé mentale, la bureaucratie sanitaire ne cesse de faire l’objet de critique de la part des psychiatres. Or, les recherches se focalisent plus volontiers sur un exotisme de l’intérieur : le travail psychiatrique et l’expérience des patients. C’est ainsi que l’administration, qui est pourtant une sphère d’action concrète, est rendue plus abstraite encore, un simple rouage de la nouvelle raison instrumentale du monde. De ce fait, c’est l’analyse de cette « boîte noire » que se propose de réaliser cette thèse dans une perspective d’anthropologie politique de la santé mentale et d’épistémologie sociale. L’objectif est d’éclairer les évolutions institutionnelles de la santé mentale en France au cours de la décennie 2010. Dans cette conjoncture, « l’expérience » est devenue une catégorie au fondement d’une nouvelle économie morale dans les politiques publiques, reposant sur l’expérience de la maladie, les conceptions publiques de l’assistance, le rôle revisité des soins en santé mentale, l’agentivité morale des malades. L’étude est ancrée dans un travail de terrain multi-situé, conçue comme une ethnographie d’assemblage, explorant des manifestations locales d’un problème commun, à partir d’une posture d’agent d’administration locale de la santé. En conclusion, peut se dégager dans une perspective d’épistémologie sociale, le fondement empiriste des politiques de santé mentale et ses conséquences, ainsi que la valeur épistémique attribuée à l’expérience de la maladie, épreuve opposable aux preuves jugées les plus scientifiques.

  • Titre traduit

    Administering Mental Health : Rhetorics and Policies of Experience


  • Résumé

    In the mental health arena, the bureaucracy is used to be criticized by psychiatrists.However, research often focuses on an exotic interior: psychiatric work and the experience of patients. This is how the administration, which is nevertheless a sphere of concrete action, ismade even more abstract, a simple cog in the new instrumental reason of the world.Therefore, it is the analysis of this "black box" that this thesis proposes to carry out from aperspective of political anthropology of mental health and social epistemology. The objectiveis to shed light on the institutional evolutions of mental health in France during the decade of2010. In this conjuncture, "experience" has become a category at the foundation of a newmoral economy in public policies, resting on the experience of the disease, public conceptions of assistance, the questioned role of mental health care, the moral agency of sick people. The study is grounded in multi-location fieldwork, conceived as an assemblic ethnography, exploring local manifestations of a common problem, from the posture of a local health administration officer. In conclusion, from a perspective of social epistemology, the empiricalbasis of mental health policies and its consequences can be seen, as well as the epistemicvalue attributed to the experience of the disease, a test opposable to the evidence consideredthe most scientific.



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