La traversée des espaces adolescents De l’habiter et de l’expérience du monde Un projet pour l'enseignement de la géographie

par Sylvie Joublot-Ferré

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Michel Lussault et de Philippe Hertig.

Soutenue le 04-02-2020

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) , Haute école pédagogique du canton de Vaud (Lausanne, Suisse) (établissement de co-direction) et de Environnement, ville, société (Rhône) (laboratoire) .

Le président du jury était Christine Vergnolle-Mainar.

Le jury était composé de Michel Lussault, Christine Vergnolle-Mainar, Xavier Bernier, Anne Sgard, Dominique Chevalier, Hervé Regnauld.

Les rapporteurs étaient Xavier Bernier, Anne Sgard.


  • Résumé

    Organisée en cinq mouvements, cette thèse en géographie culturelle, interroge l’habiter des adolescents à travers leurs pratiques spatiales, depuis les espaces domestiques jusqu’aux établissements scolaires, espaces publics, voire lieux des voyages, réels ou rêvés. L’étude est envisagée comme un moyen d’explorer la construction du rapport au monde des individus. Les adolescents sont abordés comme acteurs sociaux et spatiaux à part entière. L’enquête est conduite sur un terrain bi -national, franco-suisse, auprès d’adolescents âgés de 14 à 18 ans, scolarisés dans des établissements scolaires secondaires. La méthodologie de la recherche est inédite, en collectant des données selon plusieurs modalités. Interfaces individualisées et géolocalisation sont mobilisées au bénéfice de cartographies interactives. Des itinéraires commentés par les adolescents complètent des entretiens semi-directifs. Au-delà des pratiques spatiales récurrentes à l’intérieur du groupe, d’évidence la singularité des géographies adolescentes s’énonce et confirme la pertinence du thème des individualités en géographie et l’intérêt des cartographies personnelles et des parcours individuels accompagnés. L’exercice d’une micro-géographie, au « ras du sol », a permis d’observer « à la loupe » les expériences, de voir les détails habituellement peu visibles, et de reconstituer non seulement la concrétude du vécu spatial, mais de dévoiler les ressorts et les réseaux des relations à l’espace dans toute leur complexité. Des concepts se sont imposés comme opératoires pour rendre compte des caractères de cette relation : la nostalgie, la renommée, le voisinage et la familiarité. La recherche met également en lumière les médiations de l’expérience spatiale individuelle, et les processus d’entrée en familiarité voire d’attachement aux lieux. Un référentiel de la capabilité spatiale est proposé, il repose sur trois catégories : les facultés sensorielles, les habiletés spatiales et les compétences socio-spatiales. Des pistes pour de nouveaux apprentissages à l’École appuyés sur l’expérience spatiale des élèves sont explorées.L’enquête révèle la discontinuité de la présence et de l’attention au monde, mais également l’inégalité entre adolescents au plan des expériences et des compétences spatiales. Ces constats préoccupants devraient conduire à engager une réflexion pour une nouvelle éducation géographique dans le contexte actuel des défis sociétaux et environnementaux en particulier du point de vue du vivre ensemble et du changement global. Les résultats de la recherche intéressent donc directement l’enseignement de la géographie. Il y a une urgence désormais de la géographie à l’École au bénéfice d’une réflexivité à l’égard des pratiques spatiales, d’une co-construction prospective de l’espace partagé, d’une éducation à l’attention et enfin, d’une conscience du monde commun.

  • Titre traduit

    The crossing of teenage spaces To live in it and experience the world A project for the teaching of geography


  • Résumé

    Organized in five movements, this thesis in cultural geography questions the living of adolescents through their spatial practices from domestic spaces to schools, public spaces, even places of travel, real or dreamed. The study is seen as a way to explore the construction of the relationship to the world of individuals. Adolescents are approached as full-fledged social and spatial actors. The survey is conducted on a bi-national, Franco-Swiss field, among adolescents aged 14 to 18 years old, enrolled in secondary schools. The research methodology is new, collecting data in several ways. Individualized interfaces and geolocation are mobilized for the benefit of interactive mapping. Itineraries commented by the adolescents complement semi-directive interviews.Beyond the recurrent spatial practices within the group, the singularity of adolescent geographies is evident and confirms the relevance of the theme of individualities in geography and the interest of personal mapping and accompanied individual journeys. The exercise of a micro-geography, "at ground level", allowed to observe the experiences "with a magnifying glass", to see the details usually not very visible, and to reconstruct not only the concreteness of the spatial experience, but to reveal the springs and the networks of the relations to space in all their complexity. Concepts have emerged as operative to account for the characteristics of this relationship: nostalgia, fame, neighbourliness and familiarity. The research also sheds light on the mediations of individual spatial experience, and on the processes of entry into familiarity and even attachment to places. A referential of spatial capability is proposed, based on three categories: sensory faculties, spatial skills and socio-spatial competencies. Avenues for new learning at school based on students' spatial experience are explored.The survey reveals the discontinuity of presence and attention to the world, but also the inequality among adolescents in terms of spatial experiences and skills. These worrying findings should lead to reflection on a new geographical education in the current context of societal and environmental challenges, particularly from the point of view of living together and global change. The results of the research are therefore directly relevant to the teaching of geography. There is now an urgent need for geography in schools to develop reflexivity with regard to spatial practices, a forward-looking co-construction of shared space, education for attention and, lastly, awareness of the common world.

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