Thèse soutenue

Existe-t-il un lien entre complexité génomique et évolution clinique dans les tumeurs musculaires lisses utérines ?

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Auteur / Autrice : Sabrina Croce
Direction : Mojgan Devouassoux ShisheboranFrédéric Chibon
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Cancérologie
Date : Soutenance le 06/05/2020
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Biologie Moléculaire Intégrative et Cellulaire (Lyon ; 1999-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon
Jury : Président / Présidente : Germain Gillet
Examinateurs / Examinatrices : Mojgan Devouassoux Shisheboran, Frédéric Chibon, Florence Duffaud, Philippe Morice, Isabelle Ray-Coquard, Philippe Rochaix, Sophie Le Guellec
Rapporteurs / Rapporteuses : Florence Duffaud, Philippe Morice

Mots clés

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Résumé

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Les sarcomes à génomique complexe sont caractérisés par un génome remanié en l’absence d’un évènement génomique récurrent connu et les léïomyosarcomes (LMS) font partie de ce groupe. Les tumeurs musculaires lisses utérines se divisent selon l’évolution clinique en léiomyomes (LM) et LMS et selon la morphologie en fusocellulaires, épithélioïdes et myxoïdes avec des critères diagnostiques distincts. Si ces critères sont suffisants pour un diagnostic lésionnel correct dans la majorité des cas, ils ne permettent pas la distinction entre un LM et un LMS dans un faible pourcentage de tumeurs. Dans ces cas la tumeur est dénommée « tumeur musculaire lisse utérine à potentiel de malignité incertain » (STUMP) posant un problème de prise en charge clinique. Certains variants comme le léiomyome à Noyaux Bizarres (LM-BN) pose un véritable problème diagnostique. D’évolution clinique bénigne, il présente un profil génomique hétérogène pouvant être complexe. L’analyse de la complexité du profil génomique basée sur le calcul du Genomic Index (GI) issu de la signature CINSARC (Complexity INdex in SARComas) a démontré sa valeur pronostique dans les sarcomes des tissus mous à génomique complexe, mais également dans les GIST. Notre hypothèse est qu’à l’instar des sarcomes des tissus mous le degré de complexité génomique est corrélé à l’évolution clinique dans les tumeurs musculaires lisses utérines. Le but de ce travail de thèse était d’étudier sur plusieurs tumeurs musculaires lisses utérines, bénignes, malignes et STUMP, de type fusiforme et les variantes à noyaux bizarres et épithélioïdes, le profil génomique par CGH-array et la signature d’expression CINSARC en utilisant la technique de Nanostring, en corrélation avec l’évolution clinique. Une première étude publiée a permis de confirmer que la complexité génomique est liée à l’évolution des tumeurs musculaires lisses utérines et peut être un outil diagnostique complémentaire à l’analyse morphologique. Nous avons testé cette hypothèse sur une série de 70 tumeurs musculaires lisses utérines et démontrer que le GI au seuil de 10 distingue les tumeurs sans récidive (LM) des tumeurs avec risque accru de récidive et d’évolution létale (LMS) en démembrant la catégorie de STUMP. Avec l’application de la signature CINSARC au matériel fixé en formol, par technologie Nanostring nous avons démontré sur une série de 60 LMS que cette signature est pronostique en survie globale et libre de maladie. De plus la signature CINSARC NANOCIND a montré sa valeur pronostique dans les LMS utérins de stade I pour lesquels la chimiothérapie adjuvante est discutée, sans efficacité prouvée. La signature CINSARC Nanocind® se propose comme un outil de randomisation dans les essais cliniques à venir. Nous avons par ailleurs analysé les profiles génomiques par array-CGH d’une série de 69 LM-BN et démontré que le LM-BN est une entité séparée du LM et du LMS identifiant 3 sous-types distincts de LM-BN : un groupe FH-déficient, un associé aux altérations de TP53 avec un génome plus remanié et un groupe sans altérations récurrentes. Notre étude souligne l´importance de l’intégration des données génomiques au contexte morphologique et clinique. Pour terminer nous avons validé le seuil du GI sur une plateforme génomique (AGILENT 180K) différente de celle d’origine (AGILENT 60K) et nous avons exploré le GI dans le variant à cellules épithélioïdes. Ainsi, la complexité génomique est corrélée à l’évolution clinique et l’étude du profil génomique des tumeurs musculaires lisses de l’utérus est utilisable en pratique quotidienne dans les lésions où la morphologie seule ne permet pas la distinction d’une tumeur bénigne d’une tumeur avec un potentiel évolutif, à condition d’intégrer ces données dans le contexte clinique et morphologique. La signature CINSARC dans les LMS de stade I peut permettre une meilleure prise en charge des patientes