Thèse soutenue

Modélisation de l’usure et contact matériaux hétérogènes par une méthode multi-échelle

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Auteur / Autrice : Essosnam Arfa
Direction : Géry de SaxcéPhilippe DufrénoyVincent Magnier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Mécanique des solides, des matériaux, des structures et des surfaces
Date : Soutenance le 17/09/2020
Etablissement(s) : Université de Lille (2018-2021)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences pour l'ingénieur (Lille ; 1992-2021)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LaMcube - Laboratoire de mécanique, multiphysique, multiéchelle

Résumé

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La mobilité est devenue un enjeu sociétal, environnemental et économique. Cela implique le développement des moyens de transport qui doivent être plus sûrs, rapides et propres. Les composants de frein font donc partie intégrante de ces nouveaux développements. En effet, les dispositifs de freinage assurent l’arrêt d’un véhicule (par exemple, les garnitures de frein d’un train à grande vitesse peuvent supporter jusqu’à vingt mégajoules) et sont connus pour être source de pollution (débris, bruit). De plus, dans le secteur ferroviaire, il s’agit du premier poste de dépenses pour les consommables. Dans l’optique d’avoir un système de freinage de haute performance, la composition des garnitures de frein, qui sont des matériaux composites, est l’un des facteurs concurrentiels entre les différents fabricants. Néanmoins, l’approche reste empirique et la compréhension des phénomènes demeure relativement médiocre. Les difficultés résident dans une meilleure compréhension des phénomènes qui se déroulent à l’interface de contact, qui est le lieu de différentes interactions : les interactions mécaniques, les échanges thermiques, la dissipation de la chaleur, etc. Ces interactions en retour, entraînent l’usure des corps en contact, ce qui peut avoir une incidence sur l’intégrité des matériaux et entraîner la production et l’émission de particules. Cela affectera l’ensemble des performances du système de freinage et posera certaines questions environnementales. Les essais expérimentaux empiriques sur les matériaux de friction demeurent l’approche actuelle utilisée par les fabricants pour résoudre ces problèmes. Cette approche est non seulement coûteuse, mais ne respecte pas non plus les exigences techniques et environnementales. En raison de la complexité de l’interface de contact qui est multi-physique et multi-échelle et malgré les progrès réalisés dans l’instrumentation et les techniques de mesure, il est encore difficile d’un point de vue expérimental, d’obtenir des mesures précises des données de l’interface de contact. Il est clair qu’il faut une modélisation théorique et des simulations numériques pour supporter l’expérimental. Par conséquent, l’objectif de ce travail est de proposer une stratégie numérique de modélisation du contact du matériau de friction, en tenant compte de l’hétérogénéité matériau et de surface ainsi que des aspects évolutifs de la surface dus à l’usure. Le défi majeur est de considérer à la fois les échelles du système, de l’hétérogénéité matériau et de surface. Une nouvelle méthode multi-échelle basée sur un schéma d’homogénéisation numérique est adoptée. Contrairement aux méthodes classiques d’homogénéisation, celle proposée a l’avantage de prendre en compte les contraintes de contact à l’échelle micro offrant ainsi une relocalisation des contraintes du modèle macro au micro. L’homogénéisation se fait numériquement par la méthode des éléments finis et seuls les aspects mécaniques sont pris en compte. A l’échelle micro, des paramètres homogénéisés tenant en compte de l’hétérogénéité matériau et de surface ont été calculés et enrichis à l’échelle macro. Après ce calcul effectué, les champs mécaniques obtenus sont réinjectés à l’échelle micro via la technique d’homogénéisation numérique. En conséquence, les paramètres mécaniques locaux, induits par l’hétérogénéité des matériaux et des surfaces sont obtenus. En outre, une modélisation du débit source d’usure a été réalisée à l’échelle micro grâce à la stratégie multi-échelle mise en œuvre. La loi d’Archard a été utilisée à cette fin. Grâce à l’homogénéisation numérique, une évolution des propriétés matériaux avec l’usure a été obtenue. Ces nouveaux développements ont été validés par comparaison avec des modèles de référence. L’avantage de ces nouveaux modèles réside dans la réduction du temps de calcul, ce qui permet d’enrichir les modèles futurs.