Thèse soutenue

Quand « faire », c’est « être » : performativité et appartenances co-ethniques dans le contexte des migrations post-soviétiques vers l’Allemagne

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Auteur / Autrice : Gesine Wallem
Direction : Kathy Rousselet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique, spécialité Sociologie politique comparée
Date : Soutenance le 23/06/2020
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris)
Jury : Président / Présidente : Florence Haegel
Examinateurs / Examinatrices : Kathy Rousselet, Stéphane Dufoix, Anne-Marie Fortier, Catherine Gousseff, Jannis Panagiotidis
Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphane Dufoix, Anne-Marie Fortier

Résumé

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La thèse étudie les actes performatifs à travers lesquels les constructions ethno-nationales sont perçues et éprouvées comme réalités stables. Son argument central est que les catégories et discours ethno-nationaux ont un pouvoir performatif : ils font quelque chose, contribuant à créer et maintenir les groupes ou communautés qu’ils semblent désigner. Même s’il s’agit de constructions du monde, elles sont vécues comme réalités dans le monde. Sur la base de cet argument, la thèse propose d’analyser les appartenances ethniques comme un « doing » (faire) performatif. Ce doing est étudié à travers le cas empirique des migrations co-ethniques de l’ancienne Union Soviétique vers l’Allemagne. A partir d’enquêtes de terrain ethnographiques, la thèse examine les actes discursifs, matériels, et corporels qui contribuent à la mise en œuvre performative de l’appartenance co-ethnique – ou plus concrètement de l’appartenance « Russe-Allemande ». Elle étudie notamment les pratiques d’identification d’agents administratifs, d’entrepreneurs ethno-politiques, de migrants, mais aussi d’objets et de dispositifs matériels, qui participent collectivement à ce travail performatif. L’effort réitératif de mise en cohérence et de réajustement de ces acteurs hétérogènes contribue à la cristallisation des identités de groupe comme des « êtres » apparemment naturels. Cependant, l’analyse montre aussi que cet « être » n’est jamais accompli, il reste nécessairement incomplet et ouvert à la ré-articulation. Ainsi, la thèse propose un cadre d’analyse mettant en relief la tension permanente entre dé-stabilisation et re-stabilisation des constructions ethniques dans un contexte de migration transnationale.