La boussole de la violence : prospérité, déclin et orientation idéologique des mouvements radicaux

par Simon Varaine

Thèse de doctorat en Sciences politiques

Sous la direction de Raul Magni Berton et de Laurent Bègue.

Le président du jury était Sonja Zmerli.

Le jury était composé de Caterina Froio, Nicolas Baumard.

Les rapporteurs étaient James Piazza, Martial Foucault.


  • Résumé

    Contrairement à une intuition répandue, les contextes de misère économique n’alimentent pas les violences politiques en général. En revanche, les violences commises au nom d’idéologies de droite sont accentuées en période de misère, alors que les violences commises au nom d’idéologies de gauche augmentent en période de prospérité. La présente thèse vise à documenter et expliquer cette relation. La première partie décrit le lien entre économie et violences politiques de droite et de gauche dans les cas français (1882-1980) et étasunien (1948-2016). Sur la base d’enquêtes par sondage, d’expérimentations psychologiques et de données sur les actes terroristes dans les pays démocratiques depuis les années 1970, la deuxième partie montre que le déclin économique favorise la mobilisation d’idéaux réactionnaires, qui contribuent aux violences politiques de droite. Sur la base d’une expérimentation économique et de données sur les actes terroristes, la troisième partie montre que les inégalités économiques diminuent les capacités d’attaque des groupes économiquement dominés vis-à-vis des groupes économiquement dominants, ce qui limite les violences politiques de gauche. La dernière partie de la thèse explore quelques limites de la relation entre économie et violences politiques : dans le cas de violences à motifs apolitiques (e.g. attentats-suicides à motifs suicidaires) et dans le cas de violences participant d’une stratégie politique globale (e.g. djihadisme contemporain).

  • Titre traduit

    The compass of violence : prosperity, decline and the ideological orientation of radical movements


  • Résumé

    Contrary to a widespread opinion, contexts of economic deprivation do not fuel political violence in general. However, violence committed in the name of right-wing ideologies increases in times of deprivation, while violence in the name of left-wing ideologies rises in times of prosperity. This dissertation aims to document and explain this differential effect of economic deprivation. The first part describes the link between economy and political violence of the right and the left in two historical case studies: France (1882-1980) and the United States (1948-2016). Based on cross-national surveys, psychological experiments and data on terrorist attacks in democratic countries since the 1970s, the second part shows that economic decline favors the mobilization of reactionary ideologies that contribute to right-wing political violence. Based on an economic experiment and data on terrorist attacks, the third part shows that economic inequalities reduce the capabilities of economically dominated groups to attack dominant groups, which consequently limits left-wing political violence. Finally, the last part of the thesis explores some limits of therelationship between economy and political violence: in the case of violence with apolitical motives (e.g. suicide terrorists with suicidal motives) and in the case of violence entering a transnational strategy (e.g. contemporary jihadism).


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Grenoble Alpes. Bibliothèque et Appui à la Science Ouverte. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.