Métissage et modernisme : créativité racialisante en « espace luso-brésilien »

par Thomaz Carneiro de Almeida Simoes

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Jean-Frédéric Schaub.


  • Résumé

    Quelles affinités existent entre ce que nous comprenons aujourd'hui par « homme métis » et l'homme nouveau dont rêvaient les avant-gardes artistiques des années 1920 et 30 ? Cette thèse cherche des réponses en partant de l'apologie du «métissage luso-brésilien» élaboré par l'écrivain et sociologue Gilberto Freyre (1900-1987) dans un temps social transnational et «pré-génétique» où les concepts de race et de culture commençaient à être distincts, mais plus fréquemment se mélangeaient. Nous soutenons que le succès de son premier livre – Casa-Grande & Senzala (1933), vu à l'époque sans doute comme moderne – tient, d'une part, à l'alliage de visions passéistes et futuristes – à travers de notions comme celle de survivance (culturelle) –, et d'autre part à l'union de corps racialisés et espaces nationaux hybrides. Nous soutenons en outre que cette double ressource intellectuelle – présente également dans les écrits de modernistes comme Pound et Kandinsky – est alimentée par l'anthropologie culturelle (notamment l'« école » de Franz Boas) et par des esthétiques psychologiques de matrice germanique. La présence d'« avant-gardismes » dans la vie sociale moderne, particulièrement en matière d'architecture, d'urbanisme, et de design, nous conduit, simultanément, à enquêter sur des liens oubliés entre quelques idéaux « conservateurs » et « révolutionnaires », implicites dans des textes critiques tels que ceux de Mario de Andrade et de Clement Greenberg – pour qui le mouvement moderne, après l'entre-deux-guerres, « est devenu une "culture" ».

  • Titre traduit

    Miscegenation and Modernism


  • Résumé

    What affinities exist between what we understand today by "mestiço" (person of mixed race) and the new man dreamed up by the artistic avant-gardes of the 1920s and 30s? This work seeks answers starting from the apology of the "Brazilian miscegenation" written by brazilian sociologist Gilberto Freyre (1900-1987) in a "pre-genetic" social time, when the concepts of race and culture only began to separate, but more often were still mixed. We argue that the success of his first and major work, Casa-Grande & Senzala (1933), undoubtedly seen as modernist at the time, can be explained (1) by the superimposition in it of archaic and futuristic visions, and (2) by the union of racialized bodies with hybrid national spaces, mobilizing notions such as (cultural) survival and theories of empathy. We argue, moreover, that this double resource – also present in the writings of modernists such as Ezra Pound and Kandinsky – was made possible by north american cultural anthropology (notably the "Boasian school") and psychologizing German aesthetics. The ostensive presence of "avant-gardisms" in modern life, especially in terms of design, architecture and urbanism, also leads us to investigate forgotten links between conservative and revolutionary ideals, implicit in visions such as those of Mário de Andrade, Clement Greenberg, among others – for whom the modern movement, after the inter-war period, "became culture".


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