Three essays on the economics of social integration in an urban context

par Lucie Letrouit

Thèse de doctorat en Analyse et politique économiques

Sous la direction de Thierry Verdier et de Miren Lafourcade.

Soutenue le 10-12-2020

à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) , en partenariat avec Paris-Jourdan Sciences Économiques (laboratoire) .

Le président du jury était Ingela Alger.

Le jury était composé de Ingela Alger, Francis Bloch, Fabien Moizeau, Pierre Picard.

  • Titre traduit

    Trois essais en économie de l'intégration sociale en contexte urbain


  • Résumé

    Cette thèse se compose de trois essais aux approches complémentaires portant sur l'économie de l'intégration sociale en milieu urbain. Le premier essai analyse l'émergence de hiérarchies ethno-culturelles dans un contexte multi-culturel, typique des grandes métropoles actuelles. Cette émergence est étudiée au moyen d'un modèle de théorie des jeux évolutionnaires selon lequel une vision hiérarchique commune émerge, dans une société, à partir d'une multitude d'interactions indépendantes entre membres des différents groupes ethno-culturels en présence. L'originalité du modèle proposé tient à l'inclusion de plusieurs minorités et conceptions hiérarchiques (i.e. modèle multi-groupes et multi-stratégies) et à la prise en compte des effets réciproques que plusieurs minorités peuvent avoir sur les statuts sociaux des autres. Ces effets permettent d'expliquer la relation non-linéaire entre taille d'une minorité et statut social suggérée par la littérature empirique, ainsi que les effets complexes de l'arrivée d'une nouvelle minorité sur les autres minorités. Le processus évolutionnaire étudié suggère que la hiérarchie ethno-culturelle adoptée est, dans la plupart des cas, économiquement sous-efficace car trop inégalitaire. Le deuxième essai présente un modèle d'économie urbaine adapté au contexte des villes d'Afrique sub-Saharienne où la propriété foncière est souvent informelle et incertaine et où les transactions foncières sont souvent entravées par d'importantes asymétries d'information entre acheteurs et vendeurs. Le modèle permet d'étudier théoriquement l'impact de deux institutions visant à réduire l'incertitude liée aux transactions. La première consiste en un système d'enregistrement formel des terrains dans un cadastre géré par l'administration, la deuxième en une norme sociale traditionnelle de confiance liant certains groupes sociaux. Le modèle qui est, à notre connaissance, le premier à étudier l'effet d'une norme sociale sur le fonctionnement d'un marché immobilier urbain et la structure urbaine, montre que le système d'enregistrement est plus efficace que la norme sociale si les coûts d'enregistrements sont limités, mais que les deux institutions sont en partie substituables. Il prédit que l'enregistrement des terrains remplacera progressivement les normes traditionnelles de confiance dans le futur, à mesure que les coûts d'enregistrement décroîtront.Enfin, le troisième essai consiste en une analyse économétrique des effets du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU), lancé en France en 2003 pour la rénovation de 600 quartiers défavorisés. Afin d'éviter certains biais liés à l'hétérogénéité des effets du programme entre les différents quartiers et entre les différentes périodes temporelles, nous mobilisons le tout récent estimateur DID_M développé par De Chaisemartin and D'Haultfoeuille (forthcoming) et complémentons ses résultats par une plus traditionnelle estimation de différences-de-différences. Nos résultats indiquent que le programme a eu des effets non-significatifs et, de toute façon, très limités (moins de 3.5%) sur les prix immobiliers dans les quartiers rénovés. Les effets sur les volumes de transactions sont aussi non significatifs. Toutefois, le programme a engendré une sensible évolution à la hausse du profil socio-professionnel des acheteurs de logement par rapport aux vendeurs, suggérant une certaine amélioration de l'attractivité des quartiers rénovés.


  • Résumé

    This dissertation consists in three essays with complementary approaches on the economics of social integration in an urban setting. The first essay analyzes the emergence of ethno-cultural hierarchies in a multi-cultural context, typical of nowadays large metropolises. This emergence is studied using an evolutionary game theory model according to which, in a society, a common hierarchy view emerges from a multitude of independent interactions between members of the different ethno-cultural groups. The originality of the model lies in the featuring of several minorities and hierarchical views (i.e. multi-group and multi-strategy model) and in the reciprocal effects that minorities may have on each others' social statuses. These effects allow to explain the non-linear relationship between a minority's size and its status suggested by the empirical literature, as well as the complex impacts of a new minority's arrival on the other minorities. The evolutionary process implies that the adopted ethno-cultural hierarchy is, in most cases, too inegalitarian and thus economically inefficient. The second essay presents an urban economics model adapted to the sub-Saharan African city context where land ownership is often informal and uncertain and where land transactions are often hampered by important information asymmetries between buyers and sellers. The model allows to theoretically study the impact of two institutions aimed at reducing transaction uncertainty. The first one consists in a formal land registration system administered by the government, the second is a traditional social trust norm that links specific social groups. This model is, to the best of our knowledge, the first one to study the effects of a social norm on the functioning of an urban housing market and the urban structure. It shows that the land registration system is more efficient than the traditional trust norm if registration costs are limited, but also that the two institutions are partly substitutable. The model predicts that, with the gradual decrease of registration costs, land registration will progressively replace social trust norms in the future.Eventually, the third essay consists in an econometric analysis of a large urban renewal program launched in France in 2003 for the renovation of 600 deprived neighborhoods (i.e. the « Programme National de Rénovation Urbaine », PNRU). In order to avoid possible biases linked with heterogeneities in the program's effects across neighborhoods and across time periods, we rely on the very novel DID_M estimator developed by De Chaisemartin and D'Haultfoeuille (forthcoming) and complement its results with a more traditional difference-in-differences estimation. Our results suggest that the program had non-significant and, in any case, very limited effects (i.e. smaller than 3.5%) on housing prices in renovated neighborhoods. The program's effects on transaction volumes are also non-significant. However, the program led to a sizable upward evolution in the socio-professional status of housing buyers as compared to sellers, suggesting some improvement in the attractivity of renovated neighborhoods.


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