Couleur et technique des cercueils à fond jaune de la 21e dynastie égyptienne : de l’origine des pigments à leur altération (LuxOr).

par Lucile Brunel-Duverger

Thèse de doctorat en Chimie - Cergy

Sous la direction de Nancy Brodie-Linder.


  • Résumé

    Les cercueils égyptiens dits « à fonds jaunes » de la XXIe Dynastie (1100 av. J.C.) représentent un large fond muséal à travers le monde. Grâce aux approches iconographique, stylistique et archéométrique des collections de musées européens, le Vatican Coffin Project cherche à identifier des ateliers de production. Un protocole commun multi-échelle et multi-spectrale a été développé au C2RMF et appliqué à un corpus d’objets appartenant aux collections du Département des Antiquités Égyptiennes du musée du Louvre. Il a révélé un schéma général de mise en couleur, dont certaines variations au sein de ce schéma peuvent être considérées comme d’éventuelles signatures d’ateliers de production. La position de l’orpiment (As2S3) dans la stratigraphie ainsi que la recette de la couche de polychromie verte sont celles ici développées.L’orpiment, sulfure d’arsenic jaune, se retrouve à diverses étapes de la mise en couleur : le fond jaune et/ou dans la couche finale de vernis. L’observation des objets permet d’obtenir une première information superficielle, quand celle des coupes stratigraphiques n’en donne qu’une ponctuelle. Par le couplage de plusieurs techniques in-situ, non-invasive, non-destructive, il a été possible d’obtenir des informations sur la répartition en 3D de ce matériau sur une zone plus représentative de l’objet étudié.Les couches vertes, quant à elles, couvrent une large gamme de couleurs malgré des compositions élémentaires relativement homogènes, témoignant d’un mélange de matériaux similaires dans des proportions différentes. Au-delà de la variabilité de teintes, plusieurs marqueurs supposent que les phases à base de cuivre aujourd’hui présentes sont les produits de plusieurs réactions pouvant être dues par l’artisan lui-même mais aussi par le temps. Par la compréhension des mécanismes réactionnels ayant eu lieu au sein des couches vertes, il est recherché la nature originelle des matériaux ayant été employés et ainsi déterminer les recettes de fabrication.Le faisceau d’informations rassemblées par les études égyptologiques et matérielles permet d’affiner la connaissance de ce corpus et, peu à peu, d’établir des critères matériels représentatifs de groupes techniques. La fine connaissance de cette production artisanale, permet ainsi d’éclairer le contexte social, religieux et politique qui l’a vu naître.

  • Titre traduit

    Colours, methods and pigment modification of the egyptian yellow coffins from the theban 21st dynasty (LuxOr).


  • Résumé

    The so-called « yellow coffins » of the 21st Egyptian dynasty (1100 BC) represent a large worldwide collection of museum pieces. Though the iconographic, stylistic and archaeometric approaches of several European museums, collaborating in the Vatican Coffin Project, the search for the identification of yellow coffin production workshops was realized. To undertake this task, a protocol for multi-scale and multi-spectral methods of analysis has been developed at the C2RMF and applied to a group of objects belonging to the Egyptian Antiquities Department of the Louvre Museum. This protocol has revealed a general scheme of colouring the coffins, where certain variations in the scheme can be considered as markers for particular production workshops. The position of the orpiment (As2S3) in the stratigraphy as well as the synthetic recipe corresponding to the green polychromic layer are developed in the thesis.The orpiment, yellow arsenic sulfide, is found in various steps of the colouring development : the yellow background and/or the final varnish layer. The observation of the objects under study allowed us to obtain, first, the superficial information while the stratigraphic samples cuts gave specific one-time information. With the coupling of several non-invasive, non-destructive in-situ techniques, it was possible to obtain information on the distribution in 3D of the material used on a zone more representative of the object under study.The green layers cover a large variation of colors despite the relative homogeneity of the elemental composition, demonstrating a mixture of similar materials in different proportions. Beyond the variations of the green color, several markers indicate that the copper phases today correspond to products of various chemical reactions coming from both the Egyptian craftsmen and aging over time. By understanding the reaction mechanisms that had taken place in the green layers, it was possible to search for the nature of the original materials used and to determine the original synthetic recipes.The large amount of information assembled by the Egyptological studies and scientific studies allowed us to refine our knowledge of the objects studied, and little by little, to establish criteria for representative technical groups. The knowledge that we now have on the yellow coffins production has opened up a new vision on the social, religious and political era of that time.


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