Thèse soutenue

Instabilités des fonds marins dans le Golfe du Lion, Méditerranée occidentale

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Shray Badhani
Direction : Laurence Droz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géosciences marines
Date : Soutenance le 18/12/2020
Etablissement(s) : Brest
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la mer et du littoral (Plouzané)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Aléas géologiques et Dynamique sédimentaire
Jury : Président / Présidente : Jacques Déverchère
Examinateurs / Examinatrices : Laurence Droz, Jacques Déverchère, Aggeliki Georgiopoulou, Michael Strasser, Sara Lafuerza, Virginie Gaullier
Rapporteurs / Rapporteuses : Aggeliki Georgiopoulou, Michael Strasser
DOI : 10.70675/ea0d19cez0ee8z4ccfz8421zad20a1aad12e

Résumé

FR  |  
EN

Le golfe du Lion (GoL) est une marge passive d'environ 200 km de long et 70 km de large qui s'étend d’ouest en est du sud de la côte française jusqu’à la plaine abyssale des Baléares (BAP) dans la Méditerranée occidentale. Le talus du golfe du Lion est découpé par quinze canyons sous-marins, le plus grand étant le canyon du Petit Rhône qui canalise les sédiments apportés par le fleuve Rhône à travers le delta du Rhône. Les déstabilisations des fonds marins dans le GoL se produisent à l’embouchure et le long des flancs des canyons, mais aussi dans les zones de pente d'interfluve et les levées des principales vallées sous-marines. Cette thèse de doctorat vise à comprendre les processus de mise en place des trois plus grands dépôts d’accumulation en masse du GoL : ceux du Rhône occidental, du Rhône oriental et de la mégaturbidite de la plaine abyssale des Baléares. J’utilise un nouvel ensemble multidisciplinaire de données comprenant des données géophysiques, sédimentologiques, géotechniques in-situ et de laboratoire. La zone d'étude est caractérisée par de multiples escarpements de glissements. La morphologie des glissements est contrôlée par la présence de plusieurs failles listriques enracinées dans les couches messiniennes. La très haute résolution des données géophysiques nouvellement acquises, entre autre avec des engins tractés près du fond, montre la structure interne des glissements avec un niveau de détail sans précédent. La datation au radiocarbone des glissements de terrain étudiés donne un âge d'environ 20 kyrs, ce qui suggère un rôle potentiel de l'abaissement du niveau marin pendant le dernier maximum glaciaire. Le principal facteur de préconditionnement qui affecte la stabilité des fonds marins dans le GoL est la présence de sédiments riches en argile le long des surfaces à la base des glissements, qui présentent un comportement de baisse de résistance à la déformation et agissent comme possibles plans de cisaillement. Le mécanisme exact de déclenchement responsable de la mise en place de ces grands glissements n'est pas encore clair, mais une combinaison de processus tels que l'augmentation locale et régionale de la pente due à l'halocinèse et la génération d'un excès de pression interstitielle due à l'accumulation rapide de sédiments affecte probablement la stabilité de la pente.