Stigmatisation de soi dans la schizophrénie : une série d’études en population générale et clinique

par Louis Violeau Beaugendre

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Antoinette Prouteau.


  • Résumé

    Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la stigmatisation est une marque de honte, de disgrâce et de désapprobation, conduisant un individu à être évité et rejeté par les autres. La stigmatisation constitue par conséquent un frein majeur au rétablissement de la schizophrénie. Le rétablissement implique qu’une personne souffrant de maladie mentale puisse vivre sa vie comme elle l’entend, sans souffrir du fardeau de la stigmatisation. La lutte contre la stigmatisation de la maladie mentale est de ce fait une priorité du plan d’action pour la santé mentale 2013-2020 de l’OMS. Cependant, les méta-analyses actuelles indiquent que les interventions visant la réduction de la stigmatisation de soi ne sont pas efficaces, dans leur majorité. La stigmatisation de soi émerge lorsqu’un individu s’applique à lui-même les stéréotypes, les préjugés et les discriminations. Ces interventions se basent le plus souvent sur des modèles qui expliquent de façon insuffisante ou trop imprécise les mécanismes et les conditions d’émergences de la stigmatisation de soi. L’objectif de cette thèse était d’identifier de nouveaux mécanismes par lesquels la stigmatisation de soi opère dans la schizophrénie. Nous avons croisé les apports théoriques et méthodologiques de la neuropsychologie clinique, de la psychologie sociale et de la psychopathologie cognitive. Ce travail doctoral comprend 2 études en population clinique, 2 études en population générale, et une revue systématique de la littérature avec méta-analyses. Nous avons utilisé les méthodes corrélationnelles et expérimentales. Les principaux résultats de ce travail doctoral suggèrent que les croyances de contrôle de soi et de l’environnement (i.e. croire en l’existence d’un libre arbitre), les croyances sur son propre fonctionnement cognitif (i.e. plaintes cognitives / métacognition), et les croyances sur les maladies mentales (i.e. croire que les symptômes de la schizophrénie se distribuent sur un continuum), jouent un rôle dans la stigmatisation de soi dans la schizophrénie. Enfin, un modèle de synthèse de la stigmatisation de soi dans la schizophrénie est proposé, soulignant la nécessité de traiter cette problématique de manière intégrative et individualisée, que ce soit dans le domaine de la recherche ou des pratiques cliniques.

  • Titre traduit

    Self-stigma in schizophrenia : A series of studies in general and clinical populations


  • Résumé

    According to the World Health Organization (WHO), stigma is a mark of shame, disgrace and disapproval, leading the individual to be avoided and rejected by others. Stigma therefore constitutes a major obstacle to recovery from mental illness. Recovery implies that persons with mental illness can live their life as they see fit, without suffering the burden of stigma. Combating stigma is therefore a priority in the WHO Mental Health Action Plan 2013-2020. However, current meta-analyses indicate that interventions aimed at reducing self-stigma are, for the most part, not effective. Self-stigma emerges when an individual applies stereotypes, prejudices and discrimination to himself. These interventions are most often based on models that explain insufficiently or too imprecisely the mechanisms and conditions of self-stigma emergence. The objective of this thesis was to identify new mechanisms by which self-stigma operates. We thus merged theories and methods drawn from clinical neuropsychology, social psychology and cognitive psychopathology. This doctoral work includes 2 studies in the clinical population, 2 studies in the general population, and a systematic review of the literature with meta-analyses. We used correlational and experimental methods. The main results of this doctoral work suggest that control beliefs regarding the self and the environment (i.e. believing in the existence of free will), beliefs about one's own cognitive functioning (i.e. cognitive complaints / metacognition), and beliefs about mental illness (i.e. believing that symptoms of schizophrenia are distributed along a continuum between normal functioning and schizophrenia), play a crucial role in schizophrenia self-stigma. Finally, a model synthesizing self-stigma in schizophrenia is proposed, emphasizing the need to treat self-stigma in an integrative and individualized manner, both for in researcher and clinical practice.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université de Bordeaux. Direction de la Documentation. Bibliothèque électronique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.