Emerging modes of temporal coordination : Mandarin and non-native consonant clusters

par Qianwen Guan

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Ioana Chitoran.

Le président du jury était Pierre Hallé.

Le jury était composé de Ioana Chitoran, Pierre Hallé, Marianne Pouplier, Tom Lentz.

Les rapporteurs étaient Marianne Pouplier, Alexei Kochetov.

  • Titre traduit

    Emergence de nouveaux modes de coordination temporelle : le mandarin face aux clusters consonantiques


  • Résumé

    Cette thèse examine la perception et la production des clusters consonantiques (CC) non-natifs par des locuteurs natifs du chinois mandarin, une langue à structure syllabique relativement simple. Cette étude s’est concentrée sur les différentes modifications (ou “erreurs”) qui apparaissent dans la perception et la production des locuteurs, à la lumière du rôle joué par leur connaissance phonologique et par leur sensibilité aux détails phonétiques. J’émets les hypothèses suivantes : si, tout d’abord, la connaissance phonotactique native affecte principalement l’adaptation des séquences non-natives, les locuteurs du mandarin percevront et produiront systématiquement un vocoïde dans les clusters consonantiques. En revanche, si la sensibilité aux détails phonétiques contribue principalement à l’adaptation, les locuteurs du mandarin produiront diverses modifications en fonction des propriétés phonétiques des clusters auxquels ils sont exposés. Ces hypothèses ont été testées à travers une série d’expériences : un test de discrimination ABX, un test de transcription et un test de production. Dans le test de discrimination ABX, les locuteurs du mandarin se sont montrés très sensibles au contraste CC-CVC. Cela indique que la phonotactique native n’empêchait pas leur perception des clusters non-natifs. Les participants se sont plutôt appuyés sur les détails phonétiques des clusters. Plus le relâchement de la première consonne (dans les clusters occlusive-occlusive) était faible, moins l’épenthèse était perçue.Dans le test de transcription, contrairement aux résultats du test de discrimination, les locuteurs du mandarin ont transcrit les CCs non-natifs avec une proportion élevée de voyelles épenthétiques. Cependant, la transcription des voyelles pourrait être influencée par l’orthographe du pinyin.Par conséquent, nous avons mené un test de production, où les participants entendaient les stimuli contenant des clusters avant de les prononcer à voix haute. Les résultats de ce test de production ont montré que les locuteurs du mandarin produisent un vocoïde au sein des CCs, et que ce vocoïde est similaire à une voyelle réduite en mandarin, de courte durée, avec une qualité semblable à un schwa. Il est intéressant de noter que, malgré l’absence de clusters en mandarin, les locuteurs produisent parfois les clusters CC “correctement” ou avec une période de voisement, en s’appuyant uniquement sur des inputs auditifs. Mais les mesures acoustiques de ces différents types de production indiquent que le mode de coordination temporelle natif était maintenu dans la production avec vocoïdes, même si les locuteurs étaient capables de compresser le vocoïde acoustiquement. La production de clusters non-natifs par des locuteurs du mandarin est donc fortement affectée par leur connaissance phonologique, alors que leur perception de ces mêmes clusters est principalement influencée par leur sensibilité aux détails phonétiques.


  • Résumé

    This dissertation investigates the perception and production of non-native consonant clusters (CCs) by native speakers of Mandarin Chinese, a language with relatively simple syllable structure. We focus on the different modifications (‘errors’) that emerge in perception and production, in light of the role played by phonological knowledge and by sensitivity to phonetic details.We hypothesized that if native phonotactic knowledge is primarily affecting non-native adaptation, Mandarin speakers will perceive and produce a vowel systematically in consonant clusters. Alternatively, if sensitivity to phonetic details primarily contributes to adaptation, Mandarin speakers will show various modifications depending on phonetic properties of the actual clusters presented. These hypotheses were tested through a series of experiments—an ABX discrimination experiment, a transcription experiment, and a prompted production experiment.In the ABX discrimination experiment, Mandarin speakers were highly sensitive to the CC-CVC contrast, showing that native phonotactics does not impede their perception of non-native clusters. Participants relied instead on the phonetic details of the clusters. The weaker the C1 burst in stop-stop clusters, the less vowel epenthesis was perceived.In the follow-up transcription experiment, results showed that correct transcription was absent from the data. Contrary to the discrimination results, Mandarin speakers transcribed non-native CCs with a high percentage of epenthetic vowels. However, vowel transcription may be biased by Pinyin orthography.Therefore, we conducted a production experiment, where speakers heard the stimuli with clusters and produced them aloud. The results of this prompted production experiment showed that Mandarin speakers produce a vocoid (a ‘vowel’ in a purely phonetic sense, see Pike, 1943) within CCs, which is similar to a reduced vowel in Mandarin, with short duration and schwa-like quality. The acoustic measures of the production indicated that the native gestural timing pattern was maintained in the production with vocoids, even though speakers were able to compress the vocoid acoustically. Interestingly, despite the absence of clusters in Mandarin, speakers sometimes ‘correctly’ produced non-native CC sequences, or produced them with a period of voicing, just relying on auditory inputs. We thus learned that the production of non-native clusters by Mandarin speakers is highly affected by their phonological knowledge, while their perception of the same clusters is primarily influenced by their sensitivity to phonetic details.


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