Thèse soutenue

Modélisation de la production des énoncés averbaux ˸ le cas des compléments différés

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Auteur / Autrice : Marie-Amélie Botalla
Direction : Jeanne-Marie DebaisieuxSylvain Kahane
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage
Date : Soutenance le 14/05/2019
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Langage et langues (Paris)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Laboratoire : Langues, textes, traitements informatiques, cognition (Montrouge, Hauts de Seine)
Jury : Président / Présidente : Kim Gerdes
Examinateurs / Examinatrices : Jeanne-Marie Debaisieux, Sylvain Kahane, Kim Gerdes, Frédéric Sabio, Anne-Catherine Simon, Antoine Gautier, Paola Pietrandrea
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédéric Sabio, Anne-Catherine Simon

Résumé

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Le complément différé se présente comme une unité à la fois prosodiquement ou graphiquement autonome et syntaxiquement dépendante d’un énoncé antérieur, appelé énoncé support. Notre objectif au cours de cette thèse est de concevoir une modélisation de la production des compléments différés. Nous effectuons pour cela une étude des caractéristiques syntaxiques de 893 compléments différés, extraits de corpus écrits et oraux. Nous observons ainsi la présence d’éléments averbaux (noms, prépositions, etc.) parmi les gouverneurs des compléments différés. Cela contredit les notions antérieures, telles que l’épexégèse de Bally (1944:§75), qui n’envisageaient ces unités que sous la gouvernance d’un verbe. En outre, nous mettons en évidence les différents usages que les locuteurs font du complément différé au cours de l’interaction, et montrons ainsi sa polyvalence et son intérêt en tant qu’outil à la disposition des locuteurs. Le complément différé peut en effet servir au locuteur à ajouter une nouvelle information, mais aussi à préciser, modifier ou corriger une information apportée par l’énoncé support, à questionner son interlocuteur ou à lui répondre. De même, son autonomie prosodique ou graphique ainsi que sa dépendance syntaxique à l’énoncé support jouent un rôle dans sa réception et son interprétation, et nous montrons que produire un complément différé n’équivaut strictement ni à produire un complément non différé, ni à produire une unité syntaxiquement autonome. Nous proposons finalement une modélisation de la production des compléments différés, illustrant leur rattachement à l’énoncé support ainsi que l’implication du locuteur vis-à-vis de l’information qu’ils apportent.