Thèse soutenue

Paludisme associé à la grossesse : défis et perspectives pour les stratégies de prévention

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Auteur / Autrice : Bernard Tornyigah
Direction : Nicaise Georges Tuikue Ndam
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Parasitologie
Date : Soutenance le 13/12/2019
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Médicament, toxicologie, chimie, imageries (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Mère et enfant en milieu tropical : pathogènes, système de santé et transition épidémiologique (Paris ; 2010-...)
Jury : Président / Présidente : Sandrine Houzé
Examinateurs / Examinatrices : Sandrine Houzé, Didier Ménard, Benoît Gamain, Jean Menotti, Michael Ofori
Rapporteurs / Rapporteuses : Didier Ménard, Lars Hviid

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le paludisme placentaire se caractérise par la séquestration des érythrocytes infectés dans les espaces intervilleux du placenta, entraînant de graves conséquences sur la mère et le foetus. La séquestration des érythrocytes ainsi infectés est médiée par VAR2CSA à la chondroïtine sulfate A (CSA) et acquisition d'une protection ont été montré dépendent de la parité. Pourtant, récemment, il a été identifié une autre variante de P.falciparum qui infecte les femmes multigestes vivant au Bénin. En l'absence d'un vaccin homologué, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandés de façon mensuelle administrée le traitement préventif intermittent du paludisme pendant la grossesse (TPIg) avec la sulfadoxine-pyriméthamine (SP) à partir du deuxième trimestre de grossesse. Ce travail de thèse vise à évaluer la couverture et le bénéfice clinique de la nouvelle politique du TPI-SP, à identifier certains des défis auxquels cette nouvelle politique serait confrontée et enfin à déterminer la fonctionnalité des anticorps dirigés contre le candidat vaccin VAR2CSA afin de faciliter le développement du vaccin efficace contre le paludisme placentaire. Dans la première étude, nous avons recruté dans une approche transversale deux groupes de femmes enceintes au Ghana qui arrivaient soit à leur première consultation prénatale ou pour l'accouchement. En exploitant les informations sur les sujets inclus et en effectuant le dosage des niveaux de SP ainsi que la détection du parasite dans le sang, nous avons été en mesure de montrer que la mise en place du nouveau régime de TPI et son utilisation par les femmes enceintes est effective au Ghana. Les résultats se traduisant par une amélioration du poids de l'enfant à la naissance. Cependant, le génotypage des marqueurs de résistance parasitaire à la SP a indiqué une forte prévalence de l'haplotype quadruple dhfr/dhps et une émergence de mutations aux codons 581 et 613 de la pfdhps. Ces mutations pourraient entrainer rapidement l'apparition de phénotypes parasitaires super résistants à la SP dans nos zones d'étude et par conséquent réduire l'efficacité du TPI. Dans la deuxième étude, nous avons suivi une cohorte pré-conceptionnelle de femmes au Bénin et observé que la plupart des infections à P. falciparum survenant pendant le premier trimestre de la grossesse, sont issues d'infections asymptomatiques et submicroscopiques présentes chez celles-ci bien avant la conception. Cette étude a établi pour la première fois le rôle du portage asymptomatique des infections persistantes comme un réservoir majeur du paludisme placentaire en début de grossesse. Une troisième étude portant sur l'analyse des sous classe d'IgG acquises par les femmes enceintes du Bénin contre la région de VAR2CSA présentant un intérêt vaccinal, montre que les sous-classes IgG 3 sont particulièrement corrélés avec la protection contre la survenue de faibles poids de naissance. Les résultats de cette étude suggèrent que le vaccin en développement à base de la protéine VAR2CSA devrait favoriser l'obtention d'IgG cytophile de type 3. Dans une dernière étude, nous avons entrepris de caractériser les propriétés fonctionnelles des variants majeurs de la région id1-id2 de VAR2CSA, cible vaccinale du candidat vaccin PAMVAC. Les résultats indiquent que le variant (WR80) récemment impliquée dans l'infection des multigestes interagit avec la CSA avec une plus faible affinité comparativement à ceux des variants FCR3 et 3D7. De plus les IgG spécifiques induits chez la souris contre les 3 variants montrent des différences majeures dans la reconnaissance croisée. Les travaux réalisés au cours de cette thèse renforcent le fait que le TPI-SP reste confronté à de difficultés majeures notamment sur la couverture du premier trimestre de grossesse où les prévalences d'infections sont très élevées. Le développement de mutations parasitaires associées à plus de résistance remet en question l'efficacité de l'utilisation de la SP à terme.