Thèse soutenue

Le moi, idole d'une volonté désarmée : Pascal, critique de la liberté cartésienne

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Auteur / Autrice : Hanna Vandenbussche
Direction : Pierre GuenanciaRoland Breeur
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 24/05/2019
Etablissement(s) : Bourgogne Franche-Comté en cotutelle avec Katholieke Universiteit Leuven (Brabant flamand, Belgique ; 1970-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre Georges Chevrier. Sociétés et Sensibilités (Dijon ; 2014-....)
établissement de préparation : Université de Bourgogne (1970-2024)
Jury : Président / Présidente : Jan Opsomer
Examinateurs / Examinatrices : Pierre Guenancia, Roland Breeur, Rudolf Bernet, Tamás Pavlovits
Rapporteurs / Rapporteuses : Rudolf Bernet, Tamás Pavlovits
DOI : 10.70675/518211b1za56dz4700zb48dzf22cd684de94

Résumé

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Bien souvent, Pascal est pensé comme celui qui s'oppose à l'optimisme cartésien touchant la raison humaine. Et en effet, l’œuvre de Pascal fourmille d’exemples qui soulignent l’impuissance de cette capacité qui « voudrait juger de tout » (Laf. 110). Dans un fragment de son Entretien avec Monsieur de Sacy, Pascal se réjouissait alors de trouver dans Montaigne un compagnon d’armes pour avoir détrôné la raison : « je ne puis voir sans joie dans cet auteur la superbe raison si invinciblement froissée par ses propres armes » (Entretien, éd. Laf., p. 295). Mais si on applique cette expression non pas à la raison, mais à la volonté humaine ? Pascal ne se limite pas à critiquer uniquement la force de la raison : il attaque d’abord et avant tout l’idée d’un libre arbitre qui est naturellement incliné vers le vrai et le bien et qui constitue la source d’un juste rapport avec soi-même. La volonté ne constitue pas pour Pascal une force inaliénable, une puissance de se déterminer par soi et de se rendre maître de ses actions. Posant que « nous ne possédons que le mensonge » (Laf. 131) , que « nous n’avons qu’un instinct impuissant du bonheur » (Laf. 131) et que « nous voulons vivre dans l’idée des autres d’une vie imaginaire » (Laf. 806) , Pascal dénie que notre rapport au vrai, au bien et à nous-mêmes dépend de l'usage du libre arbitre.Reste à savoir quelle est l'interprétation de cette notion du 'moi' en rapport avec la volonté? Dans l’univers pascalien, l'idée d'un libre arbitre comme condition d’une découverte de soi est devenue illusoire : le moi trahit la présence d’une volonté désarmée, c’est-à-dire une volonté qui ne dispose plus des jugements fermes pour s’opposer aux passions violentes. En ce sens, la notion du moi dépasse une simple critique de l’ego cogito cartésien. Si Pascal se pose la question « qu’est-ce que le moi », il n’a pas seulement pour but de décentrer ou de désubstantialiser l’ego de la Meditatio Secunda . Au lieu de nous pencher sur une étude comparative entre l’ego cartésien et ce moi introuvable du fragment Laf. 688 (« Qu’est-ce que le moi ? »), nous avons conçu la notion du moi comme une triple critique du libre arbitre cartésien : le moi est étroitement lié au mensonge (le domaine du vrai), il est lié à la recherche inquiète du bonheur dans le divertissement (le domaine de la morale), et il exprime la tromperie de soi.