La politique publique du cinéma en France (1981-2012)

par Shuai Cao

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Philippe Poirrier et de Yunshang Xiao.

Le président du jury était Xiaoquan Zhu.

Le jury était composé de Philippe Poirrier, Yunshang Xiao, Laurent Martin, Claude Patriat, Xiaoi Yuan, Peixin Qian.

Les rapporteurs étaient Xiaoquan Zhu, Laurent Martin.


  • Résumé

    Le cinéma est né en France. En tant qu’art et industrie, le cinéma a connu des hauts et des bas en France pendant la période 1981-2012. Il s’est affronté à de nombreux défis internes et externes, qui ont donné lieu à la crise du cinéma, récurrente durant ces trente et un ans. Les pouvoirs publics, de leur côté, se réfèrent à des moyens financiers, réglementaires et politiques pour chercher à sauver le cinéma national de la crise, à assurer sa survie et à la faire prospérer. Notre recherche historique, en fondant sur des archives, porte ainsi sur le contexte, les ressorts, les mesures précises et les influences de la politique publique du cinéma durant cette période cruciale pour le cinéma français.De l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 jusqu’à la fin du premier septennat en 1988, le cinéma français a enregistré une chute de fréquentation, et les changements radicaux du paysage audiovisuel français et européen deviennent une grande menace pour le cinéma. Pour résoudre ces problèmes, Jack Lang mène d’abord une réforme du cinéma en mettant en œuvre des mesures anti-trust et en enrichissant le système d’aides au cinéma. Afin d’harmoniser les rapports entre le petit et le grand écran, l’Etat, à travers les lois de 1982 et de 1986 sur la communication audiovisuelle, procède à une réglementation selon laquelle la télévision doit investir dans le cinéma. En même temps, le gouvernement français tente d’exporter et de promouvoir ce modèle de la politique audiovisuelle et cinématographique en Europe et dans le monde.Les enjeux européens et internationaux dominent pendant la période suivante, de 1988 en 1999, une décennie marquée par l’ « exception culturelle ». Si le « plan cinéma » mis en place par Jack Lang arrive à renforcer le régime d’aides, la France donne la priorité à la promotion de ce régime en Europe, tout en défendant les intérêts de la profession du cinéma dans la directive « Télévision sans frontières » et en favorisant la création d’Eurêka audiovisuel, du fonds d’Eurimages et du programme MEDIA. Lors des négociations du GATT en 1993, avec les efforts conjoints des pouvoirs publics et des professionnels, le dossier d’audiovisuel et du cinéma se voit exclu des négociations car « la culture n’est pas une marchandise comme les autres ». Bien que cette norme soit remise en question avec l’AMI et le cycle de négociations de l’OMC à Seattle, la France est parvenue à la défendre. Dans ce contexte, le cinéma français a connu une relance, surtout depuis le milieu des années 1990, mais des déséquilibres et des déstabilisations subsistent et l’efficacité de la politique du cinéma est à nuancer.La dernière phase, de 2000 en 2012, est caractérisée notamment par l’accélération de la mondialisation et l’avènement de l’informatique. La politique cinématographique, mûrie pendant les deux décennies précédentes, doit s’adapter aux nouveaux enjeux du nouveau millénaire. Généralement, le cinéma français se trouve dans une situation ambivalente : d’un côté, il se porte bien à plusieurs égards, surtout en matière de la fréquentation et de la production, de l’autre, il est fragilisé par des événements du secteur : l’apparition des cartes d’abonnement Illimité, la fusion Vivendi-Universal, le piratage ... L’Etat joue un rôle de « pompier » en mettant en place une politique informatique et le crédit d’impôt et en élaborant la loi HADOPI pour lutter contre le piratage. Les collectivités territoriales investissent même de plus en plus dans le cinéma. Cependant, depuis 2008, dans un contexte de rigueur budgétaire, l’Etat procède à une modernisation du CNC ainsi qu’à une restructuration du système d’aides, ce qui soumet la politique publique du cinéma et le cinéma françaisà un avenir incertain.

  • Titre traduit

    The film policy in France (1981-2012)


  • Résumé

    The cinema was born in France. As art and industry, cinema had ups and downs in France during the period 1981-2012. It faced many internal and external challenges, which gave rise to the crisis of cinema which is recurrent during these thirty-one years. The public authorities, for their part, refer to financial, regulatory and political means to seek to save the national cinema from the crisis, to ensure its survival and to make it prosper. Our historical research, based on archives, thus deals with the context, the springs, the precise measures and the influences of the public policy of the cinema during this crucial period for the French cinema.From the arrival of the left in power in 1981 until the end of the first seven years in 1988, French cinema recorded a drop in attendance, and the radical changes in the French and European audiovisual landscape become a great threat to the cinema. To solve these problems, Jack Lang first led a film reform by implementing anti-trust measures and enriching the film support system. In order to harmonize the relationship between small and big screen, the State, through the laws of 1982 and 1986 on the audiovisual communication, proceeds to a regulation according to which the television must invest in the cinema. At the same time, the French government is trying to export and promote this model of audiovisual and cinematographic policy in Europe and around the world.European and international issues dominate during the next period, from 1988 to 1999, a decade marked by the "cultural exception". If the "cinema plan" put in place by Jack Lang can strengthen the aid scheme, France gives priority to the promotion of this regime in Europe, while defending the interests of the cinema profession in the “Television Directive without borders" and by promoting the creation of audiovisual Eureka, the Eurimages fund and the MEDIA program. During the GATT negotiations in 1993, with the joint efforts of the public authorities and professionals, the audiovisual and cinema file was excluded from the negotiations because "culture is not a commodity like the others". Although this standard is being challenged with the MAI and the WTO round of negotiations in Seattle, France has managed to defend it. In this context, French cinema has seen a revival, especially since the mid-1990s, but imbalances and destabilization remain and the effectiveness of film policy is nuanced.The last phase, from 2000 to 2012, is notably characterized by the acceleration of globalization and the advent of IT. The cinematographic policy, matured during the two preceding decades, must adapt to the new stakes of the new millennium. Generally, French cinema is in an ambivalent situation: on the one hand, it is doing well in many respects, especially in terms of attendance and production, on the other, it is weakened by events in the sector: the appearance of the Unlimited subscription cards, the Vivendi-Universal merger, the piracy ... The State plays a role of "firefighter" by setting up a computer policy and the tax credit and by elaborating the HADOPI law to fight against piracy. Local and regional authorities are investing more and more in the cinema. However, since 2008, in a context of budgetary rigor, the State has been modernizing the CNC and restructuring the aid system, which puts public film policy and French cinema in an uncertain future.

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