La réception du théâtre d’Aristophane dans la littérature grecque de l’époque impériale

par Émilie Lebon-Samborski

Thèse de doctorat en Études grecques

Sous la direction de Alain Billault.

Le président du jury était Marie-Pierre Noël.

Les rapporteurs étaient Nadine Le Meur-Weissman, Malika Hammou.


  • Résumé

    La comédie d’Aristophane est abondamment reçue et réécrite par la littérature grecque de l’époque impériale. À partir de l’histoire de la transmission des pièces, rarement rejouées entre leur création et les deux premiers siècles de notre ère, mais diffusées et réinterprétées par différents canaux, iconographiques ou textuels, la thèse étudie la place et le rôle de ce théâtre dans le paysage culturel du Haut-Empire, et plus spécifiquement chez les prosateurs grecs. Le statut de ce théâtre paraît de prime abord problématique : il est souvent entouré de silence, voire d’un blâme théorique, surtout quand on l’oppose à Ménandre ; mais les écrivains, dans des genres et des formes très variés, se le sont pleinement approprié. De nombreux enjeux caractérisent la réécriture des comédies : enjeux historiques et linguistiques, grâce à l’ancrage des textes dans un contexte et une langue attiques et à la réserve de realia que représentent les comédies et qui contribuent à instaurer et affermir l’hellénisme des pépaideumenoi de l’Empire ; enjeux moraux et comiques, notamment par la satire et la parodie ; plus largement, des enjeux poétiques et rhétoriques : ce théâtre est devenu un vecteur reconnu d’images et un garant de créativité et d’autorité. Deux études de cas portent sur des auteurs emblématiques de la période, Plutarque de Chéronée et Lucien de Samosate : les usages qu’ils font de la référence aristophanienne sont protéiformes et marqués par une grande ambiguïté, que cette thèse tente d’élucider.

  • Titre traduit

    The reception of Aristophanes’s theatre work in Greek literature of the Roman period


  • Résumé

    The reception of Aristophanes’s comedy in the Greek literature of the Roman Empire is extensive. Based on the history of transmission of the comedies, which from their creation to the the first two centuries AD were rarely performed on stage but spread and re-interpreted by different means, whether iconographic or textual, this dissertation studies the place and role of this theatre in the cultural landscape of the Roman Empire, specifically in the work of Greek prose writers. The status of this theatre seems at first sight quite problematic: it is rarely mentioned and if mentioned it is spoken of with theoretical disapproval, yet the writers, in various literary genres and forms, fully appropriated it. The rewriting of the comedies is at stake on many levels: on the historic and linguistic levels, in the light of how these texts are anchored in the Attic context and language, and the stock of realia they contain, which contributes to demonstrating the "pepaideumenoi"‘s hellenism in the Empire; on the moral and comic levels, too, as well with satires and parodies; and to a larger extent on the poetic and rhetorical levels, this theatre becomes a conveyor of images and guaranteeing creativity and authority. Two case studies were presented here about emblematic writers of the imperial period, Plutarch of Chaeronea and Lucian of Samosata: they make protean and ambiguous use of the reference to Aristophanes, that this dissertation attempts to clarify.


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