Thèse soutenue

Logement social et nouvelles pratiques artistiques

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Auteur / Autrice : Marie-Kenza Bouhaddou
Direction : Hélène Hatzfeld
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Aménagement et urbanisme
Date : Soutenance le 25/11/2019
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Architecture, ville, urbanisme, environnement (Nanterre, Hauts-de-Seine, France ; 2010-....) - Laboratoire Architecture, ville, urbanisme, environnement (Nanterre, Hauts-de-Seine, France ; 2010-....)
Jury : Président / Présidente : Véronique Biau
Examinateurs / Examinatrices : Hélène Hatzfeld, Véronique Biau, Frédérique Villemur, Pascal Nicolas-Le Strat, Damien Chenel, Marie-Hélène Bacqué
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédérique Villemur, Pascal Nicolas-Le Strat

Résumé

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Cette thèse interroge les relations qui existent entre logement social et nouvelles pratiques artistiques. Elle vise à comprendre pour quelles raisons, à quelles conditions et jusqu’à quel point des organismes de logement social s’engagent dans le portage de projets artistiques. Je désigne par « nouvelles pratiques artistiques » des projets réalisés in situ, qui mettent des habitants des quartiers populaires au fondement de leur démarche et questionnent les modes de faire des acteurs. En s’appuyant sur trois cas, deux à Lyon et un à Dunkerque, l’analyse des relations porte sur les modalités et les effets des jeux d’acteurs, en termes de relations de pouvoir, d’affect et de demandes de légitimités, de modes de faire, de spatialités et de matérialités des projets. Ma thèse montre un inégal engagement des bailleurs sociaux. Elle met en évidence l’émergence, à travers des projets qui impliquent des artistes et les habitants, de nouvelles manières de participer, de nouveaux acteurs de la participation, mais aussi de nouvelles façons de faire la ville. Elle montre la possibilité pour des organismes de logement social d’acquérir de nouvelles compétences. Les relations entre logement social et nouvelles pratiques artistiques se heurtent à plusieurs difficultés. Du fait d’un fonctionnement pyramidal, les modes de faire ne changent pas véritablement à l’échelle des organismes qui se replient alors sur leurs savoir-faire techniques propres et ont du mal à intégrer la coopération avec d’autres acteurs. Sans un portage politique franc, les organismes peinent à s’impliquer. Enfin, en temps de déprise économique, les bailleurs sociaux peinent à s’engager dans des projets sur l’espace public. Ils réduisent de plus en plus leur échelle d’intervention au tour d’immeuble. Dans ce contexte, le renouvellement des pratiques artistiques montre aussi ses limites, dans leur difficulté à être distinguées d’activités socioculturelles, à créer des relations avec les habitants favorisant leur pouvoir d’agir, et à être légitimées comme artistiques par les institutions culturelles.