Thèse soutenue

Anthropologie de l'expertise médico-légale en Inde du Nord

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Auteur / Autrice : Fabien Provost
Direction : Anne de Sales
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Ethnologie
Date : Soutenance le 12/04/2019
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (Nanterre ; 1967-...) - Centre national de la recherche scientifique (France). Unité Propre de Recherche (299)
Jury : Président / Présidente : Baudouin Dupret
Examinateurs / Examinatrices : Anne de Sales, Baudouin Dupret, Perig Pitrou, Janine Barbot, Gilles Tarabout, Daniela Berti
Rapporteurs / Rapporteuses : Perig Pitrou, Janine Barbot

Résumé

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Alors que de nombreux travaux s’intéressent à l’expertise médico-légale à partir de son rôle dans la délibération judiciaire, peu d’études portent sur l’articulation de la médecine et du droit dans le quotidien des experts. Pourtant, déposer au tribunal ne constitue qu’un aspect parmi d’autres des activités des médecins légistes. Comprendre comment ceux-ci mettent en œuvre l’interface entre la médecine et le droit implique donc de s’éloigner du tribunal pour se pencher sur la pratique quotidienne de l’expertise à l’hôpital. Dans cette optique, la présente thèse s’intéresse à la médecine légale à partir d’une enquête ethnographique menée sur un an dans trois morgues hospitalières d’Inde du Nord, ainsi que sur un travail à partir d’archives judiciaires. Elle s’appuie sur des études de cas constituées à partir de l’analyse des interactions entre médecins et policiers ou membres des familles, des temps d’examen des corps et des stratégies de rédaction des rapports médico-légaux. Tout en resituant la médecine légale indienne dans son contexte historique, sociologique et institutionnel, ce travail, au croisement d’une anthropologie médicale et d’une anthropologie du droit, a pour but d’établir comment les médecins légistes comprennent les cas médico-légaux, rédigent leurs rapports et agissent sur le réel. Le diagnostic médico-légal et sa formulation écrite apparaissent comme des élaborations, construites au fil d’un processus hybride dont l’analyse permet de saisir les enjeux épistémologiques, politiques et sociaux de la pratique médico-légale.