Thèse soutenue

Représentation des espaces de la berge lagunaire : enquête d’anthropologie politique auprès des expulsés de Xwlacodji à Cotonou au Bénin

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Graziela Houtondji-Mbama
Direction : Sylvain Lazarus
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance le 04/12/2019
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Laboratoire sur l'architecture, la ville, l'urbanisme et l'environnement
Jury : Président / Présidente : Alain Bertho
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Pierre Dozon
Rapporteurs / Rapporteuses : Robert Edmond Ziavoula, Abel Kouvouama
DOI : 10.70675/5e609c74z1e95z435czb297z55fc331b4d2f

Résumé

FR  |  
EN

En 2012, l’Etat béninois rasait les habitations des quartiers de la berge lagunaire de Cotonou au motif de l’assainissement urbain. Cette thèse propose une anthropologie politique du point de vue des victimes de cette intervention gouvernementale et repère chez elles les termes de la pensée en intériorité que Sylvain Lazarus a placée au centre de ses travaux. Le terrain de l’étude dégage des catégories de cette pensée pour percevoir le décalage entre les formes de pensée des gens, d’une part, et le discours institutionnel, de l’autre. L’enquête découvre que la gestion des projets urbains, quand ils existent, est caractérisée par les relations de pouvoir. Les enjeux du « déguerpissement » ne se situent donc pas uniquement au plan économique et urbanistique, ils traversent aussi le champ politique. Par ailleurs, cette analyse des destructions du quartier Placodji amène à séparer la question de la gestion des déchets urbains de celle de la spéculation foncière, et d’identifier les prescriptions que les gens formulent. Ce point de vue à distance des institutions révèle certains mots nommés « problématiques », dont la fonction est d’exprimer le rapport des gens à l’Etat. La thèse explicite la capacité des victimes à cerner les ambigüités des projets de développement présentés par les experts et met en exergue la disjonction de pensée et de lexique à l’origine d’une crise de gouvernance urbaine et des contestations populaires.