Thèse soutenue

Trouble depuis la marge ˸ le féminin, le fantastique et l'ornement dans le réalisme littéraire germanophone (Keller, Storm, Fontane)

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Auteur / Autrice : Elisabeth Petereit
Direction : Céline Trautmann-Waller
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études germaniques
Date : Soutenance le 06/12/2019
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Études anglophones, germanophones et européennes (2009-2019 ; Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'études et de recherches sur l'espace germanophone
Jury : Président / Présidente : Alain Muzelle
Examinateurs / Examinatrices : Céline Trautmann-Waller, Alain Muzelle, Ulrike Vedder, Françoise Lartillot, Florence Baillet, Kerstin Stüssel
Rapporteurs / Rapporteuses : Ulrike Vedder, Françoise Lartillot

Résumé

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Cette thèse propose une lecture de textes canoniques du réalisme germanophone selon le prisme des inquiétudes que provoquent les éléments placés à la marge : le féminin, le fantastique et l’ornement. La base commune qui permet de relier ces catégories esthétiques, anthropologiques et sociales est qu’elles se définissent en tant qu’Autre dans une bipolarité : homme – femme, réel – fantastique, ›grand‹ art – ornement. La hiérarchie qui sous-tend ces oppositions s’avère néanmoins peu stable, de telle sorte que ces éléments marginalisés troublent le centre normatif. Le fantastique est abordé comme élément constitutif pour la mise en forme littéraire de problèmes sociaux actuels et ›réels‹, et les rapports entre les sexes tels que définis par la société bourgeoise, sont montrés comme mis en mouvement et ambivalents. L’analyse détaillée des textes de Theodor Fontane, Gottfried Keller et Theodor Storm se concentre d’abord sur la femme comme ›principe esthétique‹ et comme ›genre‹, capté et fixé dans l’image, et montre que ce féminin imagé et idéalisé se convertit au contraire en déclencheur d’une imagination débridée et déréglée, qui s’inspire de sources littéraires et mythologiques (Pénélope, Cendrillon, sorcières etc.). Elle s’attache ensuite aux modèles, aux rôles et aux normes liés au mariage bourgeois et aux enjeux qu’ils constituent pour l’acceptation ou le rejet de la femme comme égale. La troisième partie étudie enfin les rapports entre l’idéal familial bourgeois et la société patriarcale. Dans les romans le mariage bourgeois est hanté par les fantômes de rôles sexuels encore en vigueur, mais désormais obsolètes, ce qui confère aux foyers une inquiétante étrangeté au sens Freudien.