Thèse soutenue

La bande dessinée hébraïque entre médium transnational et singularité locale : la représentation de l'Arabe palestinien de 1934 à nos jours

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Léon Halpéryn
Direction : Michèle Tauber
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langues, civilisations et sociétés orientales
Date : Soutenance le 17/12/2019
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Langage et Langues : Description, Théorisation, Transmission (....-2019 ; Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre des Etudes Arabes et Orientales (Paris)
Jury : Président / Présidente : Éric Maigret
Examinateurs / Examinatrices : Michèle Tauber, Éric Maigret, Françoise Saquer-Sabin, Bettina Severin-Barboutie

Résumé

FR  |  
EN

La bande dessinée hébraïque, entre médium transnational et singularité locale : la représentation de l’Arabe palestinien de 1934 à nos jours.La bande dessinée hébraïque émerge au milieu des années 1930 dans la Palestine mandataire. Les rares artistes travaillant dans ce domaine servent le projet national juif (sioniste) par conviction, notamment le premier bédéiste, Arié Navon et l’auteure de textes pour enfants,la poétesse Léah Goldberg. La bande dessinée locale se réapproprie les codes narratifs du genre, importés d’Europe et des États-Unis, regroupant des composantes graphiques universelles et singulières juives hébraïques. D’un statut marginal avant 1948, elle s’affiche dans la presse israélienne des années 1970 et alimente vingt ans plus tard un marché rentable.Jusqu’alors un ou deux artistes - Ouri Fink - vivent de leur art seul sans recourir à des activités annexes (caricature, illustration, enseignement). La bande dessinée s’institutionnalise dans les années 2000 (expositions, festival, prix). Le parcours humain et professionnel de l’artiste impacte directement sur les choix esthétiques et idéologiques privilégiés dans le contenu de sa série. La bande dessinée hébraïque est à l’image de la société où il vit et qui, par ses normes,autorise (ou non) sa diffusion. Y étudier la représentation de l’Arabe, c’est repérer les contours d’un stéréotype visuel. L’Arabe imaginaire résulte d’une transposition graphique de la projection artistique que s’en fait l’artiste. Essentiellement faire-valoir du héros juif israélien,dans un récit où il met le plus souvent en valeur ce dernier, le personnage de l’Arabe est catégorisé positif, neutre, négatif selon les images auxquelles il est associé. La déformation physique est le plus souvent absente, n’excédant pas certaines conventions caricaturales, à l’exception notable de Dry Bones (Ya‘aqov Kirschen) et Tsoutiq ou le secret du château d’Ismaïl El-Badr (Élichéva / Yariv Amatsiah). Dans un contexte de guerre, ce personnage échappe difficilement à une catégorisation négative car il symbolise souvent l’ennemi réel (ou imaginaire) du pays.