Thèse soutenue

Améliorer le diagnostic de la tuberculose chez l'enfant dans un contexte de prévalence élevée de la tuberculose et du VIH

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Patrick Orikiriza
Direction : Maryline Bonnet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 18/11/2019
Etablissement(s) : Montpellier
Ecole(s) doctorale(s) : Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; Ecole Doctorale ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : TransVIHMI, UMI 233 IRD (Montpellier) - TransVIHMI, UMI 233 IRD (Montpellier)
Jury : Président / Présidente : Jean-François Etard
Examinateurs / Examinatrices : Maryline Bonnet, Emmanuelle Cambau, Leen Rigout
Rapporteurs / Rapporteuses : Emmanuelle Cambau, Leen Rigout

Mots clés

FR  |  
EN

Mots clés contrôlés

Résumé

FR  |  
EN

L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’en 2017 près d’un million d’enfants de moins de 15 ans ont développé la tuberculose mais seulement la moitié des cas ont été notifiés. Les difficultés pour recueillir des échantillons de crachat chez les enfants et la nature paucibacillifère de la tuberculose pédiatrique représentent de véritables challenges diagnostiques. Cela aboutit à la prescription fréquente de traitement empirique avec un risque de sur- ou sous-diagnostic. De plus, peu de laboratoires dans les pays à ressources limitées ont les capacités du diagnostic de la tuberculose. Les échantillons doivent être transportés vers des laboratoires de référence pouvant affecter les performances des tests, notamment en l’absence de chaine de froid.Trois études ont été menées à Mbarara (Ouganda) pour évaluer des échantillons non-respiratoires et des méthodes de conservation des échantillons pour améliorer le diagnostic de la tuberculose de l’enfant. Dans la première étude, nous avons évalué les performances de l’XpertMTB/RIF sur les expectorations et les selles d’enfants avec présomption de tuberculose et nous avons documenté le devenir des enfants selon la décision thérapeutique. Dans la deuxième étude, nous avons évalué les performances de l’XpertMTB/RIF dans les selles et du test lipoarabinomanann (LAM) dans les urines chez des enfants admis dans un état critique. Dans la troisième étude, nous avons déterminé le taux de détection avec XpertMTB/RIF et la culture MGIT d’échantillons de crachats frottis-positifs conservés à température ambiante sans traitement, ou traités avec Omnigène ou éthanol à différents périodes de temps.Sur 392 enfants (âge médian 3,9 ans, 45,5% de filles et 31% VIH positifs) inclus dans la 1e étude, 4,3% ont été confirmés microbiologiquement. L’XpertMTB/RIF dans le crachat avait une sensibilité de 90,9% et une spécificité de 99,1% contre un test de référence microbiologique. La sensibilité et la spécificité de l’Xpert dans les selles étaient de 55,6% et 98,2%. La mortalité était de 6,9% à trois mois, et était plus importante chez les enfants traités (10,7%) que chez les enfants non-traités (4,5%). Aucun des enfants traités pour une tuberculose microbiologiquement confirmée n’est décédé contre 12,3% de ceux traités de façon empirique.Parmi les 234 enfants (âge médian 16,5 mois, 48,3% de filles, 31,6% VIH positifs et 58,5% sévèrement malnutris) inclus dans la 2e étude, 5,1% avaient une tuberculose microbiologiquement confirmée. XpertMTB/RIF dans les selles avait une sensibilité de 50% et une spécificité de 99,1%. La sensibilité du test urinaire LAM était de 50% et la spécificité de 74,1%. Les faux positifs LAM étaient plus fréquents parmi les résultats positifs LAM de bas grade et dans les urines avec une contamination bactérienne.Dans la 3e étude, après 15jours, il n’y avait pas de différence de détection par XpertMTB/RIF entre les échantillons traités avec Omnigène ou éthanol et les échantillons non traités, ne montrant pas de bénéfice de l’ajout d’un conservateur. Nous avons décrit une baisse substantielle de viabilité de Mycobacterium tuberculosis dans les échantillons traités par Omnigène, ce qui n’est pas en faveur de l’utilisation de l’Omnigène pour le transport des échantillons avant culture MGIT.En conclusion, XpertMTB/RIF dans les selles a montré des résultats prometteurs chez les enfants ne pouvant pas cracher et pourrait être une alternative intéressante à des méthodes plus complexes comme l’induction du crachat et l’aspiration gastrique pour les centres de santé primaire des pays à ressources limitées. La faible spécificité du LAM dans les urines nécessite des investigations complémentaires avant son utilisation pour le diagnostic de la tuberculose de l’enfant. En dépit des résultats encourageants de l’XpertMTB/RIF sur les échantillons conservés avec Omnigène ou l’éthanol, des investigations complémentaires dans des conditions programmatiques sont nécessaires.