Ensembles théonymiques de l’Italie médio-républicaine : pour une étude linguistique des corpus épigraphiques et des sources littéraires

par Hugo Blanchet

Thèse de doctorat en Langues et littératures anciennes

Sous la direction de Romain Garnier et de Emmanuel Dupraz.

Soutenue le 29-11-2019

à Limoges , dans le cadre de École doctorale Humanités (Poitiers) , en partenariat avec Espaces Humains et Interactions Culturelles (laboratoire) .

Le président du jury était Dominique Briquel.

Le jury était composé de Romain Garnier, Emmanuel Dupraz, Jean-Pierre Levet.

Les rapporteurs étaient Olivier de Cazanove, José Luis García Ramón.


  • Résumé

    Le présent ouvrage entend proposer une vision d’ensemble des panthéons de l’Italie antique d’époque républicaine, à travers l’étude des ensembles théonymiques des trois principales langues italiques dont l’épigraphie nous a laissé de nombreuses attestations de date contemporaine : osque, ombrien, latin. Dans le domaine osque, l’inscription de la Table d’Agnone révèle selon nous une forte empreinte de l’hellénisme, mais son organisation met également en lumière des faits théologiques, et des théonymes, proprement italiques, que l’on retrouve par exemple dans le monde latin, et dans d’autres corpus osques : ainsi dans le sanctuaire de Rossano di Vaglio, nous observons de telles de convergences italiques, comme l’association du monde agraire au domaine militaire, ainsi que des figures de divinités féminines qui échappent aux grilles de classification trifonctionnelle. À la différence de la Table d’Agnone, ainsi que du sanctuaire de Pietrabbondante qui marque vraisemblablement une plus grande influence romaine, celui de Rossano présente des divinités qui semblent davantage indigènes ; pourtant la dimension hellénisée d’un tel sanctuaire ne doit pas non plus être mise à l’écart, elle est par ailleurs confirmée par l’archéologie. Dans le domaine ombrien, les Tables Eugubines et leurs nombreuses divinités révèlent une théologie complexe, qui montre de nombreux points de comparaison avec le monde latin, mais vraisemblablement également avec le monde étrusque, dont la théonymie est intrinsèquement liée, pour une partie du panthéon du moins, aux langues italiques. Enfin, la comparaison avec les corpus de divinités du monde latin, notamment la série des coupes en céramique des pocola deorum du Latium, mais également à Préneste et dans l’ager Faliscus, semble également confirmer le rôle majeur des échanges entre les théologies italique, grecque, étrusque. Nous montrons par ailleurs comment ces échanges s’appuient sur des processus linguistiques précis, à travers les emprunts, calques morphosémantiques, traductions, syncrétismes et interprétations.

  • Titre traduit

    Theonymic Groups from Mid-Republican Italy : for a Linguistic Study of Epigraphic Corpora and Literary Sources


  • Résumé

    In this work, we intend to provide a broad overview of Ancient Italian pantheons from the Republican age through the study of god names. Our study focuses on theonymic groups from the three main Italic langages, which possess to this day the largest epigraphical corpus, i.e. Oscan, Umbrian and Latin. On the Oscan side, the Tablet of Agnone bears testimony of a profoundly Hellenized background, but its structure also reveals typically Italic theological features as well as theonyms. Similar features can be found in the Roman world and other Oscan corpora, especially the sanctuary of Mefitis at Rossano di Vaglio, which is central in our study. One may notice, for example, the common association of agrarian divinities to military contexts, or the importance of feminine divinities, which elude trifunctional classification. Unlike the tablet of Agnone or the Pietrabbondante sanctuary, which bear more significant traces of Roman influence, the sanctuary of Rossano seems to present a more indigenous set of theonyms – although we have to keep in mind that the site also belongs to Hellenized territory, as confirmed/demonstrated by archeological research. On the Umbrian side, the Iguvine Tablets reveal a complex theology, and some features which are very similar to what we can find in Latin and Etruscan worlds – the latter showing significant Italic influence in its theonymy. Finally, comparisons with Latin corpora, such as the pocola deorum ceramics collection from Latium, and with Faliscan and Praenestine Latin, confirm the major part played by exchanges between Italic, Greek, and Etruscan theologies. This work also demonstrates how these exchanges rely on specific linguistic processes, viz. borrowings, morphosemantic calques, translations, syncretism and interpretations.

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