Thèse soutenue

Vers l’armée du peuple : autorité, pouvoir et culture militaire en Tchécoslovaquie de Munich à la fin du stalinisme

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Auteur / Autrice : Paul Lenormand
Direction : Guillaume PikettyAntoine Marès
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 05/12/2019
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'histoire de Sciences Po (Paris)
Jury : Président / Présidente : Sabine Dullin
Examinateurs / Examinatrices : Guillaume Piketty, Antoine Marès, Justine Faure, Richard Vinen, Pavel Kolář
Rapporteurs / Rapporteuses : Justine Faure, Richard Vinen

Résumé

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En 1938, la Tchécoslovaquie disposait d’une armée professionnelle dominée par des officiers de métier. La capitulation sans combat qui suivit les accords de Munich précipita la crise de l’institution militaire et marqua le début d’une transition de près de deux décennies. Cette période vit naître une nouvelle culture militaire, comprise comme un ensemble de normes et de pratiques valorisées, d’abord dans les unités tchécoslovaques de l’exil combattant (1939-1945) puis au sortir de la guerre et durant la période communiste. Les relations de pouvoir et d’autorité furent profondément affectées par les changements survenus pendant et après le conflit mondial. Cette recherche analyse en particulier les phénomènes de commandement et d’obéissance, la politique des nationalités, les dynamiques de violence, les enjeux éducatifs et les configurations spatio-temporelles dans une perspective d’histoire du quotidien. La guerre conduisit à l’élargissement de la base sociale du monde combattant et remit en cause l’homogénéité du corps des officiers tchécoslovaques. Ce processus se poursuivit lors de l’épuration après 1945, et plus encore sous le régime communiste. Dans le même temps, une partie des responsables militaires et civils chercha à transformer l’institution, en la rendant plus démocratique et, après 1948, loyale au Parti et à l’Union soviétique. Cependant, la promotion d’une discipline consentie fut un échec. Les chefs militaires, à défaut de pouvoir créer un « homme nouveau » en armes, se concentrèrent sur la professionnalisation et la modernisation de leur armée, en pleine Guerre froide. Ce faisant, ils contribuèrent à la stabilité du régime jusqu’à la fin des années 1960.