Thèse soutenue

La compagnie de Fractus V (Eastman / Sidi Larbi Cherkaoui) comme foyer de régénération pour les interprètes : récit écologique et micropolitique d'un travail de terrain mené au fil de la création et de la tournée d’une création chorégraphique (2015-2018)

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Auteur / Autrice : Martin Givors
Direction : Gretchen Schiller
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Lettres et arts spécialité Arts du spectacle
Date : Soutenance le 21/05/2019
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes (ComUE)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble, Isère, France ; 1991-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Arts et pratiques du texte, de l’image, de l’écran et de la scène (Grenoble)
Jury : Président / Présidente : Philippe Guisgand
Examinateurs / Examinatrices : Julie Sermon, Sarah Andrieu
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Guisgand, Isabelle Ginot

Résumé

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Cette recherche s’élabore depuis un travail de terrain mené avec les artistes du spectacle Fractus V (Cie Eastman / choré. Sidi Larbi Cherkaoui) entre juin 2015 et mai 2018. Au fil du récit de cette traversée, de Barcelone à Anvers puis sur les routes d’Europe, une réflexion s’articule progressivement autour de l’interrogation suivante : dans quelle mesure le processus de création et la tournée du spectacle constituent-ils des expériences régénératrices pour les interprètes qui s’y engagent ? Rite de passage à bien des titres, Fractus V repose sur un désir de renouvellement et d’entre’fertilisation (« cross-fertilization ») partagé par neuf interprètes de cultures chorégraphiques et musicales différentes : les danseurs Sidi Larbi Cherkaoui, Dimitri Jourde, Johnny Lloyd, Fabian Thomé Duten et Patrick ‘Twoface’ Williams Seebacher ; les musiciens Soumik Datta, Kaspy N’Dia, Woojae Park et Shogo Yoshii. Leur modus operandi consiste d’abord en deux gestes : les interprètes s’apprennent les uns les autres des danses et s’essaient ensemble à des écritures collectives. Non sans difficultés, la compagnie naissante esquisse peu à peu les contours d’une micropolitique de création embrassant la nécessité de la fabrique d’un commun tout autant que l’inévitable processus de différenciation des interprètes entre eux. Comment les corps parviennent-ils à diffracter les apprentissages ? À faire « à leur manière » sans faire séparément ? À former une compagnie, voire un chœur polyphonique, plutôt qu’un assemblage d’altérités ? C’est à l’étude des pistes de réponse travaillées par les artistes, ainsi qu’à leurs évolutions dans le temps, que se dédie cette thèse. À cette fin, elle élabore une approche ethnographique, écologique et micropolitique des trajectoires et transformations des interprètes en mobilisant les anthropologies des lignes et des modes de Tim Ingold et de François Laplantine, les micropolitiques affectives de Brian Massumi et de Frédéric Lordon, la philosophie ontogénétique de Gilbert Simondon, ainsi que les études poïétiques en danse contemporaine. C’est aux côtés de cette assemblée d’artistes et de penseurs que se formule, au gré de récits et de réflexions théoriques, une pensée de la régénération comme principe d’une micropolitique écologique de l’être en devenir à l’œuvre au sein d’un processus de création chorégraphique collaboratif.