Thèse soutenue

Création musicale et collectifs urbains au Burkina Faso : circulations, appropriations et innovations sur la scène musicale de Bobo-Dioulasso

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Auteur / Autrice : Alfonso Castellanos Malagon
Direction : Jean-Paul ColleynEmmanuelle Olivier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie sociale et ethnologie
Date : Soutenance le 04/09/2019
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Stéphane Dorin
Examinateurs / Examinatrices : Stéphane Dorin, Dorothea Elisabeth Schulz, Sarah Andrieu, Julien Mallet
Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphane Dorin, Dorothea Elisabeth Schulz

Résumé

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Cette thèse porte sur la transformation des pratiques musicales au Burkina Faso vis-à-vis des circulations médiatiques et migratoires. Dans le contexte ouest-africain contemporain marqué par un flux incessant de contenus culturels globalisés, l’objectif est de saisir l’impact des musiques médiatisées dans les processus de création des musiciens locaux pour comprendre de quelles manières ils retraduisent ce qu’ils captent. Malgré leurs différences, les pièces pour harpe-luth kamalengoni et le chant islamique zikiri font partie des musiques cosmopolites qui ont un public urbain et se nourrissent des différents genres répandus dans la ville de Bobo-Dioulasso. L’hypothèse que je développe est que ces musiques ne relèvent pas de catégories fixes ni même stables, mais constituent des expressions en réinvention perpétuelle, où des opérations de resémantisation se succèdent sans cesse donnant lieu à des interprétations nouvelles, mais ancrées dans un imaginaire partagé. La thèse appréhende ainsi les interrelations entre des pratiques musicales hétérogènes, dans le but d’identifier et d’analyser les mécanismes à travers lesquels les musiciens construisent et diversifient leurs démarches créatives. La mise en examen de procédés de (re)composition et de situations de performance hétéroclites permet d’éclairer les méthodes et les stratégies à l’œuvre dans la production musicale. En même temps, elle montre la perméabilité et la polysémie des catégories utilisées pour définir les musiques, ainsi que la pluralité des rôles des acteurs impliqués. À travers une analyse de ces « jeunes musiques » (Mallet, 2004 ) et de leurs agents, la thèse interroge la façon dont les transformations des pratiques culturelles révèlent des glissements spécifiques des sentiments d’appartenance à des collectifs qui se trouvent dans la ville. Les tensions latentes entre le phénomène de réislamisation en Afrique subsaharienne et les tendances néo-traditionalistes prônant un « retour aux sources » constituent la toile de fond d’où émergent les figures de l’artiste et du cadet social en tant qu’acteurs principaux des processus d’individuation, de contestation et de quête d’autonomie que l’on observe dans la société ouest-africaine urbaine actuelle.