L'essentialisme platonicien : la perspective fondationnelle

par Gilles-Alexandre Kevorkian

Thèse de doctorat en Philosophie et sciences sociales

Sous la direction de Frédéric Nef et de Francis Wolff.

Le président du jury était Dimitri El Murr.

Le jury était composé de Dimitri El Murr, Jean-Baptiste Rauzy, Anna Marmodoro, David N. Sedley.

Les rapporteurs étaient Dimitri El Murr, Jean-Baptiste Rauzy.


  • Résumé

    Quelle est la nature des entités métaphysiques premières que la tradition a retenues sous le nom de Formes platoniciennes ? À cette question, en s’inscrivant dans les pas de la critique aristotélicienne des Formes, la tradition de commentaire majoritaire a répondu de façon catégorielle : les Formes platoniciennes sont des universaux prédicatifs. Cette tradition, qui réduit les essences à des prédicats, ne rend pas justice au texte platonicien. Platon répond à la question de la nature des Formes de façon principielle : les essences platoniciennes sont des principes qui ont une double fonction définitionnelle et fondationnelle. Il y a deux voies de l’essentialisme platonicien, une voie définitionnelle, bien connue, une voie fondationnelle, ignorée. C’est pourquoi on défend ici l’hypothèse d’un essentialisme fondationnel, introduit par Platon dans le "Phédon", mis au défi dans le "Parménide". En suivant le concept de fondation, marqué dans le texte platonicien par les opérateurs "en vertu de" (διὰ+accusatif), "pourquoi" (διὰ τί), "parce que" (δι' ὃτι), on montre qu’il est l’ancêtre du concept contemporain de fondation, théorisé en philosophie analytique par la logique des expressions « in virtue of », « because ». On met en évidence, ce faisant, la différence de l’essentialisme fondationnel platonicien avec l’essentialisme aristotélicien. Cet essentialisme fondationnel ouvre un nouvel espace logique pour l’essentialisme platonicien, eidétique, à côté d’autres formes de l’essentialisme contemporain (objectuel ou générique). En articulant examen des textes antiques et des concepts de la métaphysique contemporaine, le présent travail propose une défense possible de la métaphysique platonicienne.

  • Titre traduit

    Plato's essentialism : the grounding view


  • Résumé

    What is the nature of the primary beings which a long-standing tradition has studied under the name of Platonic Forms ? To this « nature question », following Aristotle’s criticisms of Forms, the majority view has given an answer in terms of metaphysical categories: Platonic Forms are universals of a predicative kind. This latter view is reductionist: Plato’s essences are not predicates. Plato answers the « nature question » about the Forms on a foundational basis: Platonic Forms are essences which perform both a definitional function and a grounding function. Plato’s definitional essentialism is well known ; Plato’s caracterization of essences as grounds has not yet been studied. That is the reason why we focus on defending a grounding view of Plato’s essentialism : essences as grounds are set forth by Plato in the "Phaedo" and criticized in the "Parmenides". This grounding view is expressed by the terms "in virtue of" (διὰ+accusatif), "why" (διὰ τί) and "because" (δι' ὃτι) in the platonic corpus, and thus anticipates the metaphysics and logic of the contemporary concept of ground. While focusing on the nature of essences as grounds, we also show how Plato’s eidetic essentialism has its own conceptual space, how it is different from both objectual and generic essentialisms. By combining the study of ancient philosophy and contemporary metaphysics, we try to defend Plato’s essentialism as a viable metaphysical option.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.