Subjective inequality in Chile. Representations of (un)fair social differences across time

par Rodrigo Ignacio Yañez Rojas

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Caroline Guibet-Lafaye et de Juan Carlos Castillo.

Le président du jury était Olivier Galland.

Le jury était composé de Olivier Galland, Émmanuelle Barozet, Sylvie Mesure, Gilles Bataillon.

Les rapporteurs étaient Émmanuelle Barozet, Sylvie Mesure.

  • Titre traduit

    Inégalité subjective au Chili. Représentation des différences sociales (in)justes à travers le temps


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l'inégalité subjective au Chili au fil du temps. Avec le retour de la démocratie (1990), le pays a connu une croissance économique soutenue qui lui a permis de réduire les niveaux de pauvreté et d'augmenter les taux d'éducation. Parallèlement, avec le développement d’une série de politiques sociales, à partir de l’année 2000, la concentration économique du pays, historiquement classée parmi les plus élevées du monde, a commencé à diminuer. Cependant, alors que les niveaux de bien-être augmentaient et que les inégalités diminuaient, une série de manifestations sociales commençaient à avoir lieu, parmi lesquelles celles dirigées par le mouvement des étudiants en 2006 et 2011, considérées comme les plus importantes que le pays ait connues depuis la fin de la dictature. Le diagnostic de toutes ces manifestations faisait ressortir le problème des inégalités sociales comme un frein au développement du pays. Le grand soutien qu’elles ont suscité auprès des citoyens a eu un impact certain sur la configuration des agendas politiques de tous les secteurs et a amené le débat public à se concentrer sur la question de savoir si les principes de justice dans lesquels la société chilienne avait construit son pacte social après la dictature avaient changé. Est-ce que les transformations des conditions de bien-être étaient liées à une critique de la logique de marché, laquelle avait légitimé de fortes inégalités depuis la période de réformes néolibérales promues dans les années 1980 ? La thèse s’adresse à cette question du point de vue des individus, en se demandant dans quelle mesure leurs représentations de l’inégalité et de ses facteurs sont stables ou fluides à travers le temps. À partir de l'analyse d'un ensemble de données quantitatives (enquêtes ISSP 1999, ISSP 2009, SJCP 2013 et COES 2014) et de données qualitatives (40 entretiens semi-dirigés), il est établi que les représentations de l'inégalité peuvent être appréhendées à travers trois dimensions, les perceptions, les croyances et les préférences, lesquelles sont influencées par des facteurs qui agissent à deux niveaux : la position sociale et l'expérience personnelle des individus. Les résultats de l'étude montrent que les représentations ont évolué dans le temps, mais avec une intensité différente selon la dimension analysée. Et si l’on considère les facteurs, les résultats montrent, tout d’abord, que la position sociale des individus, en particulier le niveau d’éducation, est un puissant prédicteur des représentations de l’inégalité. Suite aux transformations de la structure sociale au Chili, les individus de statut social inférieur perçoivent des changements plus significatifs dans leurs représentations de l'inégalité. Ensuite, au niveau de l’expérience personnelle des individus, on observe que les changements du contexte sociopolitique influencent fortement leurs représentations de l’inégalité, ainsi que leur évaluation des transformations structurelles de leur cadre de vie. Quel que soit leur statut social, les évaluations de l'inégalité par les individus sont plus fortement marquées par leur perception comparative des différents moments de leur propre histoire que par une comparaison avec d'autres personnes ou groupes sociaux.


  • Résumé

    This thesis examines subjective inequality in Chile over time. With the return of democracy (1990), the country experienced a sustained economic growth which allowed it to reduce poverty levels and increase education rates. At the same time, together with the development of a series of social policies, since 2000 the economic concentration of the country, historically ranked among the highest in the world, has begun to diminish. However, as wellbeing levels increased and inequalities diminished, a series of social demonstrations began to take place, among them those led by the student movement in 2006 and 2011, considered the largest that the country has experienced since the end of the dictatorship. This diagnosis grouped by all these demonstrations pointed to the problem of social inequalities as a brake on the country’s’ development. The high citizen support of these demonstrations had an impact on the configuration of political agendas of all sectors, and led public debate to focus on the question of whether the principles of justice, where Chilean society had sustained its social pact after the dictatorship, had changed. Were transformations in wellbeing conditions linked to a criticism of the market logic that had legitimized high inequalities since the period of neoliberal reforms promoted in the 1980s?The thesis answers this question from the perspective of individuals, asking how stable or fluid representations of inequality, as well as its determinants, are over time. From the analysis of a set of quantitative data (surveys ISSP 1999, ISSP 2009, SJCP 2013 and COES 2014) and qualitative data (40 semi-directed interviews), it is established that representations of inequality can be apprehended through three dimensions - perceptions, beliefs and preferences - which are influenced by factors that operate at two levels: the social position and the personal experience of individuals.The results of the study show that representations changed over time, but with varying intensity depending on the dimension analyzed. And by considering the determinants, on the one hand, results show that the social position of individuals, especially with regards to educational level, is a strong predictor of representations of inequality. Following the transformations in the social structure of Chile, individuals of lower social status present more significant changes in the representations of inequality. On the other hand, in terms of personal experience, it is observed that changes in the sociopolitical context strongly influence representations, as well as the evaluation of structural transformations on individuals' lives. Regardless of social status, individuals' assessments of inequality are strongly anchored in comparing different moments of their own biographies, even stronger than when they represent inequality through a comparison with other people or social groups.


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