Réguler et produire les médicaments contre le paludisme au Ghana et au Bénin : une affaire d’Etat ? Politiques pharmaceutiques, normes de qualité et marchés de médicaments

par Jessica Pourraz

Thèse de doctorat en Santé et sciences sociales

Sous la direction de Maurice Cassier.

Le président du jury était Jean-Paul Gaudillière.

Le jury était composé de Jean-Paul Gaudillière, Bruno Boidin, Pierre Fournier, Fred Eboko, Boris Hauray, Catherine Le Galès.

Les rapporteurs étaient Bruno Boidin, Pierre Fournier.


  • Résumé

    Le Bénin et le Ghana, bien que confrontés aux mêmes enjeux de santé publique dans la lutte contre le paludisme, ne déploient pas les mêmes politiques pharmaceutiques nationales afin de garantir à la population l’accès à des médicaments de qualité et abordables financièrement. Ils sont équipés d’appareils de régulation pharmaceutique et de capacités locales de production distincts. Ces différences découlent de leur héritage colonial et de leurs itinéraires historique, politique et économique. A partir de 2004, le Bénin et le Ghana adoptent les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine (CTA) afin de remplacer les anciennes molécules jugées inefficaces pour le traitement du paludisme. Se pose alors pour les pays l’enjeu du coût élevé de ces nouveaux médicaments. Les nouvelles recommandations d’usage de l’OMS et les financements internationaux octroyés pour l’achat de ces traitements provoquent une stimulation de l’innovation pharmaceutique et de la production de ces médicaments en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. On observe alors au Bénin et au Ghana une arène d’acteurs transnationaux se mettre progressivement en place pour l’approvisionnement des CTA. Ils génèrent de nouveaux réseaux d’approvisionnements qui entrent en concurrence avec ceux existants dans les pays. Les aides financières sont conditionnées à l’achat de CTA préqualifiées par l’OMS, certification dont les industries pharmaceutiques ghanéennes ne bénéficient pas, ce qui les laisse en marge de ce marché. Face aux exigences et aux conditions imposées par les acteurs transnationaux, les pays ne disposent que d’une faible marge de manœuvre dans la conduite de leurs politiques publiques. S’appuyant sur des entretiens, des enquêtes ethnographiques menées auprès des acteurs nationaux de la réglementation pharmaceutique, des firmes pharmaceutiques ghanéennes et des acteurs transnationaux finançant les CTA, ainsi que sur des archives, ce travail interroge les dispositifs institutionnels sur lesquels s’appuient les Etats du Bénin et du Ghana pour déployer leur politique pharmaceutique nationale et construire leur souveraineté en la matière.

  • Titre traduit

    Regulating and producing antimalarial pharmaceuticals in Ghana and Benin : a state affair? Drug policies, quality standards and markets of medicines


  • Résumé

    Despite the fact that Benin and Ghana are facing the same public health challenges with regards to malaria control, they do not deploy the same kind of drug policies to guarantee access to quality and affordable medicines for the population. Their national drug regulation authorities and local production capacities are different. These differences stem from their colonial heritage and their divergent historical, political and economic paths. Since 2004, Benin and Ghana have adopted Artemisinin-based Combination Therapies (ACTs) to replace the old pharmaceuticals deemed ineffective for the treatment of malaria. The challenge for the two countries is the high cost of these new drugs. The WHO guidelines and international funding for the purchase of ACTs are stimulating pharmaceutical innovation and production in Europe, North America and Asia. In Benin and Ghana, an arena of transnational actors is gradually being set up to supply ACTs. They generate new supply networks that compete with existing ones in the two countries. Financial aid is conditional on the purchase of WHO prequalified ACTs, certification that the Ghanaian pharmaceutical industries do not enjoy, leaving them on the sidelines of this market. Faced with the demands and conditions imposed by transnational actors, countries have little room for maneuver in the conduct of their public policies. Based on archives, interviews and ethnographic surveys carried out with national actors in pharmaceutical regulation, Ghanaian pharmaceutical companies and transnational actors financing ACTs, this work investigates the institutional mechanisms on which the states of Benin and Ghana rely to deploy their national drug policy and build their pharmaceutical sovereignty.



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