Thèse soutenue

Financement durable du développement : quatre essais sur la mobilisation des ressources en Afrique

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Auteur / Autrice : Seydou Coulibaly
Direction : Jean-François Brun
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 16/07/2019
Etablissement(s) : Université Clermont Auvergne‎ (2017-2020)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des sciences économiques, juridiques, politiques et de gestion (Clermont-Ferrand)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'études et de recherches sur le développement international (Clermont-Ferrand)
Jury : Président / Présidente : Mary-Françoise Renard
Examinateurs / Examinatrices : Gérard Chambas, Amadou Boly
Rapporteurs / Rapporteuses : Rémi Bazillier, Arnaud Bourgain

Résumé

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La mobilisation des ressources internes et les flux financiers extérieurs sont essentiels pour le financement des objectifs de développement durable en Afrique et des objectifs de développement énoncés dans l’Agenda de l’Union Africaine 2063. Le financement du développement en Afrique est au cœur de cette thèse. Nous avons subdivisé la thèse en deux parties. La première partie, composée des chapitres 1 et 2, porte sur la mobilisation des recettes fiscales internes, tandis que la deuxième partie, composée des chapitres 3 et 4, traite de l’attractivité de l’un des importants flux financiers extérieurs entrant en Afrique à savoir les investissements directs étrangers. Le chapitre 1 analyse la relation entre les revenus tirés des ressources naturelles et les recettes fiscales hors ressources en Afrique. Trois importants résultats ressortent de ce chapitre. Les rentes tirées des ressources naturelles exercent un impact direct négatif sur les recettes fiscales hors ressources en Afrique. Cependant, pour les économies dotées de bonnes institutions, les rentes des ressources naturelles affectent positivement les recettes fiscales hors ressources en Afrique. En outre, nos résultats indiquent que les rentes tirées des ressources naturelles renforcent la mobilisation des taxes hors ressources dans les économies relativement bien diversifiées. Ces conclusions invitent les gouvernements africains à mettre davantage l'accent sur la diversification économique et à améliorer la qualité des institutions afin que les recettes tirées des ressources naturelles contribuent à stimuler la mobilisation des recettes fiscales hors ressources sur le continent. Le chapitre 2 examine l’impact des indicateurs sociaux, l’inégalité des revenus et la pauvreté sur les recettes fiscales hors ressources en Afrique sub-saharienne, étant donné que l’environnement social dans lequel les impôts sont collectés pourrait impacter les performances fiscales. Nous résultats d’estimation indiquent que l'inégalité des revenus et la pauvreté réduisent les recettes fiscales hors ressources en Afrique subsaharienne. En termes d'implication politique, ces résultats informent les décideurs politiques que la réduction des inégalités de revenus et de la pauvreté pourrait être considérée non seulement comme une dimension cruciale du développement ou un vecteur de justice sociale, mais elle constitue également un important levier pour booster la mobilisation des recettes fiscales hors ressources en Afrique sub-saharienne. Le chapitre 3 traite de la concurrence fiscale par la réduction des taux d'imposition et de l’assiette fiscale, une question importante qui est étroitement liée à la mobilisation des recettes publiques en Afrique en raison des potentielles pertes de recettes fiscales liées aux incitations fiscales. Nous testons empiriquement l'existence d'une concurrence fiscale entre ces pays pour faire la lumière et orienter les décisions publiques sur le sujet. Nos résultats ne corroborent pas l’existence d'une concurrence fiscale à travers les taux de l’impôt sur les sociétés entre les économies africaines. Toutefois, même s’il n’existe pas de concurrence fiscale pure entre les économies africaines par le biais du taux de l’impôt sur les sociétés, nos résultats indiquent par ailleurs que les réductions du taux d'imposition des sociétés à l’étranger réduisent l'assiette de l'impôt sur les sociétés du pays hôte. Les estimations montrent que si le pays hôte réagit à la réduction des taux d’imposition des sociétés dans les pays étrangers en réduisant à son tour son taux d’imposition des sociétés dans la même proportion, cela entraînerait une détérioration nette de l’assiette fiscale de 0,4% pour le pays hôte. (...)