L'histoire scolaire comme champ de bataille. La conflictualité de l'enseignement de l'histoire interrogée à partir des controverses sur l'histoire de l'esclavage en France et en Angleterre (décennie 2000).

par Maylis Ferry

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Yves Déloye.

Le président du jury était Sophie Duchesne.

Le jury était composé de Charles Heimberg, Marie-Claire Lavabre, Claire H. Griffiths, Pascal Ragouet.

Les rapporteurs étaient Charles Heimberg, Marie-Claire Lavabre.


  • Résumé

    L'affirmation est si souvent répétée qu'elle a peu de chances de surprendre : l'histoire que l'on enseigne à l'école fait l'objet de polémiques. Par-delà toutes les oppositions que promet cette situation, il y a donc au moins un point sur lequel s'accordent celles et ceux qui investissent l'enseignement de l'histoire de la sorte : c'est un sujet qui compte et qui vaut la peine qu'on s'émeuve, s'indigne et s'affronte en son nom.Il y a au cœur de cette thèse à la fois un inconfort vis-à-vis de cette évidence et un étonnement face à la virulence qu'ont parfois les débats publics sur l'enseignement de l'histoire. La littérature sur les savoirs scolaires nous donne des clés pour comprendre ces emballements mais pas toutes. En particulier, les processus par lesquels les questions dites sensibles le deviennent ont été moins travaillés que les interactions particulières qu'elles génèrent en classe (perspective qui n'en reste pas moins légitime). En mobilisant des travaux produits dans différents cercles de discussion académique - didactique de l'histoire, sociologie des curricula, de la mémoire, du nationalisme et des controverses - la thèse vise à mieux comprendre comment des contenus d'enseignement peuvent devenir polémique à partir d'une étude de cas.Il s'agit des débats qui ont porté sur la (ré)introduction de l'histoire de l'esclavage colonial et de la traite négrière en France et en Angleterre au cours de la décennie 2000. Il est particulièrement illisible si l'on s'en tient à une explication en termes de conflictualité intrinsèque dont seraient porteurs certains savoirs scolaires. En effet, l'histoire de l'esclavage et de la traite a été enseignée (ou présente dans les programmes) à différents moments au cours du XX° siècle dans ces deux pays et cela n'a pas toujours suscité de l'émoi, loin s'en faut.À l'appui d'une analyse de discours de matériaux divers (archives, presse et autres genres de discours tenus publiquement, entretiens semi-directifs), la thèse retrace le fil de ces controverses et, chemin faisant, explore les différentes manières dont peut se dire - ou non - le sens que l'on donne à l'enseignement de l'histoire.

  • Titre traduit

    School history as a battlefield. The conflicting "nature" of history teaching questioned through the controversies on the history of slavery in France and England (2000s).


  • Résumé

    The statement is so often repeated that no one is likely to consider it with wonder: the history which is taught in schools is an object of controversies. Beyond all the oppositions that are allegedly linked to this situation, there is at least one thing which those who look at school history in such a way agree upon: it is a subject which matters and which is worth getting emotional and controversial about.There is at the heart of this thesis both a discomfort towards this taken-for-grantedness and a wonder at how fierce can public debates about the teaching of history sometimes be. The litterature dealing with school knowledges provides some keys to grasp such disagreement spirals, but not all of them. In particular, the processes through which what are called "sensitive issues" actually become so have been under-investigated compared to the specific class interactions they produce (which still is a very useful perspective). Drawing on studies that have been led in different academic sub-fields - didactics of history, curriculum sociology, memory studies, socioliogy of nationalism and controversies - the thesis aims at better understanding how teaching contents become polemical from one case study.This is the debates on the (re)introduction of the history of colonial slavery and the slave trade which took place in France and England during the 2000s. It is strikingly ununderstandable if we stick to an explanation involving the inherent sensibility of certain issues. Indeed, the history of slavery and the slave trade has been taught (or has been in the curriculum) for different periods throughout the 20th century in both countries and it has not always triggered scandals, far from it.Drawing on a discourse analysis of diverse pieces of material (archives, press and other kinds of publicly held discourses, semi-directive interviews), the thesis traces back the path of the controversies and, while doing so, explores the different ways in which the meaning that is given to school history may - or may not - be spoken.

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