La violence de guerre dans le monde romain (fin du IIIème s. av. J.-C.- fin du Ier s. ap. J.-C.)

par Sophie Hulot

Thèse de doctorat en Histoire, langues, littérature anciennes

Sous la direction de François Cadiou et de Jean-Pierre Guilhembet.

Le président du jury était Nathalie Barrandon.

Le jury était composé de François Cadiou, Jean-Pierre Guilhembet, Francisco Pina Polo, Pierre Cosme, Pascal Payen.

Les rapporteurs étaient Nathalie Barrandon, Francisco Pina Polo.


  • Résumé

    Quel est le rapport des Romains à la violence de guerre ? Cette question, d´une trompeuse simplicité, n´a jamais véritablement été posée en ces termes, tant Rome est le plus souvent présentée comme une puissance invariablement agressive et brutale. Pourtant, en s´inspirant du concept de la culture de guerre développé pour la période contemporaine, mais aussi de l´anthropologie et de la sociologie, il est possible de renouveler les approches sur la question. C´est l´angle plus précis du coût humain de la guerre qui a été retenu pour ce travail. Il permet de mieux saisir la manière dont la société romaine répond aux effets potentiellement perturbateurs des pertes et des blessés de guerre. Il facilite également la compréhension du comportement de Rome envers ses ennemis en proposant une lecture plus circonstancielle et interactionniste de la production de la violence. En s´intéressant plus particulièrement au corps, mais aussi aux conditions concrètes de l´activité militaire et enfin aux rapports sociaux romains, cet examen se veut une contribution à l´histoire militaire, culturelle et sociale de la Rome antique. Trois champs d´investigation ont été abordés. Le premier concerne la relation du soldat à la violence de guerre dans le cadre même des combats. Il s´agissait de mettre en évidence la manière dont les combattants pouvaient supporter les diverses intensités des conflits, s´en accommodaient ou, plus ponctuellement, manifestaient leurs insatisfactions vis-à-vis de la conduite de la guerre. La nature des blessures de guerre, le système médical ainsi que les relations entre les troupes et leurs chefs ont fait l´objet d´analyses plus précises. En deuxième lieu, c´est la réaction de l´ensemble de la communauté romaine face aux pertes et blessés de guerre qui a été mise en valeur. En particulier, la dimension inconditionnellement agressive de l´ethos guerrier romain a été nuancée. Surtout, on a cherché à mettre en lumière une série de protestations relatives au coût humain de la guerre lorsque ce dernier est perçu comme excessif. La réponse du pouvoir à ces mécontentements a alors été abordée selon une perspective chronologique. Enfin, l´examen a porté sur les modalités romaines du recours à la violence. Il s´agissait d´en montrer les ressorts circonstanciels, les mécanismes auto-restrictifs, le discours cohérent de justification et son caractère relativement commun dans le monde antique. En définitive, ce travail a permis de mieux dégager les seuils de sensibilités romains au coût humain de la guerre.

  • Titre traduit

    Warfare Violence in the Roman World (end of the third century B.C.-end of the first century A.D.)


  • Résumé

    What outlook did the Romans have on war violence? This deceptively simple question has never actually been posed in these terms since Rome has most often been described as an invariably aggressive and brutal power. A reappraisal of the approaches on this question is however possible by drawing both on the concept of war culture developed with regard to contemporary history and on anthropology and sociology. More precisely, the angle chosen for this research was that of the human cost of war. It allows a better understanding of the way Roman society responded to the potentially disruptive effects of war losses and wounded soldiers. It also helps to better grasp Rome’s behaviour towards its enemies by offering a finer reading on the kinds of circumstances and interactions in which war violence was used. Focusing more particularly on the body, but also on the practical conditions of military activity and finally on Roman social relationships, this study aims at contributing to Rome’s military, cultural and social history. It explores three fields of investigation. The first one deals with the soldiers’ relationship to war violence in the environment of battle itself, highlighting the way they endured the various intensities of conflicts, putting up with them or, at times, expressing their discontent with the way war was conducted. The types of wounds, the medical system and the relationships between the troops and their leaders were more specifically analysed. Secondly attention is paid to the responses of Roman society as a whole to war losses and wounded soldiers. The unconditionally aggressive dimension of the Roman war ‘ethos’ has in particular been qualified, with a focus on the protests against the human cost of war when sensed as excessive. The responses of those in power were subsequently examined from a chronological perspective. The last part centres on the Roman modes of resorting to war violence: the circumstances governing its various uses, the self-restrictive mechanisms, the coherent justificatory discourse, its comparatively common nature in the ancient world. In the end, this research has better brought to light the thresholds of Roman sensitivity to the human cost of war.

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