Thèse soutenue

Les mécanismes de la régulation des ravageurs des légumes en verger-maraîcher

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Auteur / Autrice : Camille Imbert
Direction : Claire Lavigne
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences Agronomiques
Date : Soutenance le 19/04/2019
Etablissement(s) : Avignon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale 536 « Sciences et agrosciences » (Avignon)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Plantes et systèmes de culture horticoles (Avignon)
Jury : Président / Présidente : Marc Tchamitchian
Examinateurs / Examinatrices : Marc Tchamitchian, Thierry Brévault, Annie Ouin, Safia Mediene, Armin Bischoff
Rapporteurs / Rapporteuses : Thierry Brévault, Annie Ouin

Résumé

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Le verger-maraîcher est un type de parcelle diversifiée, agroforestière, associant des arbres fruitiers et des légumes. Dans ces parcelles, tout l’espace 3D disponible est utilisé pour la production de nourriture avec au sol des légumes et à différentes hauteurs des fruits. Les vergers-maraîchers sont en cela une réponse à la limitation de l’extension des surfaces agricoles. De plus, les parcelles diversifiées favorisent dans la plupart des cas la régulation des ravageurs par leurs prédateurs naturels mais les résultats semblent dépendre du contexte. L’objectif de cette thèse est de comprendre les mécanismes régissant la régulation des ravageurs des légumes dans les vergers-maraîchers. Les vergers-maraîchers étant complexes et multiples, nous avons choisi de baser notre étude sur la comparaison de ces mécanismes dans des parcelles expérimentales mimant un verger-maraîcher simplifié (associant pommiers et choux) et des parcelles maraîchères en monoculture, sans utilisation de pesticide, sur une saison de culture. Nous avons tout d’abord comparé les abondances des ravageurs du chou et de leurs prédateurs, entre parcelles témoins et parcelles en verger-maraîcher. En associant expérimentation de cages à exclusion et modèle de dynamique de populations, nous avons comparé entre les deux types de parcelles, le taux de prédation, de survie et d’immigration des ravageurs. Nous nous sommes ensuite focalisés sur la fonction de prédation et sur la communauté de prédateurs du sol. Nous avons déterminé si le verger-maraîcher favorisait l’émergence d’une communauté de prédateurs efficace dans la fonction de prédation c’est-à-dire avec : 1) des abondances plus élevées, 2) une forte complémentarité, 3) une prédation intraguilde limitée, et 4) présentant des espèces et des groupes fonctionnels clés de voûte dont les individus sont fortement consommateurs de ravageurs.D’après nos résultats, le verger-maraîcher favoriserait la plupart des ravageurs des légumes (Myzus persicae, les chenilles et les aleurodes) sauf le puceron du chou Brevicoryne brassicae, qui présentait une abondance plus faible. La survie de certains ravageurs est plus élevée en verger-maraîcher et l’immigration plus faible pour un ravageur. Les différences de prédation entre verger-maraîcher et témoin dépendent quant à elles du ravageur considéré. Pour Myzus persicae et les chenilles, la prédation était plus élevée en témoin et pour Brevicoryne brassicae, elle était plus élevée en verger-maraîcher. En parallèle, 20% des espèces prédatrices étaient moins abondantes en verger-maraîchers qu’en parcelles témoins et la richesse spécifique, la diversité de Shannon et l’équitabilité y étaient également plus faibles. L’araignée-loup Pardosa proxima s’est révélée être la seule espèce ayant un impact positif sur le taux de prédation et uniquement en verger-maraîcher. Les plus faibles taux de prédation de Myzus persicae et des chenilles en verger-maraîcher seraient expliqués par le fait que la communauté de prédateurs y serait moins riche et donc moins efficace. Le verger-maraîcher favoriserait une prédation due à quelques espèces fortement consommatrices de ravageurs dont l’impact serait plus fort sur les ravageurs plus regroupés comme Brevicoryne brassicae. Les résultats de cette thèse donnent une image des relations entre les mécanismes régissant la régulation des ravageurs dans un verger-maraîcher simplifié et pour une saison de culture, qui peut servir de base pour développer des aménagements optimisant le service de régulation des ravageurs.