Thèse soutenue

Composition et propriétés biologiques d’extraits de Phyllanthus amarus Schumacher et thonning (1827) utilisés en médecine traditionnelle aux Antilles

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Version(s) validée(s) par le jury

Auteur / Autrice : Melissa Matou
Direction : Thérèse Marianne-Pépin, Sylvie Bercion
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Aspecs moléculaires et cellulaires de la biologie
Date : Soutenance le 29/11/2019
Etablissement(s) : Antilles
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Milieu insulaire tropical à risques : protection, valorisation , santé et développement (Pointe-à-Pitre)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Thérèse Marianne-Pépin, Sylvie Bercion, Jean-Charles Robinson, Sylvie Michel, Pierre Haddad, John T. Arnason
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Charles Robinson, Sylvie Michel
DOI : 10.70675/acaf7bfez7f5cz4d5ezaecaz541214b99618

Résumé

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P. amarus, connu sous le nom de « Grenn anba fèy », est l’une des plantes les plus utilisées dans le traitement du diabète par les plantes médicinales en Guadeloupe. Elle a été introduite en 2015 dans la pharmacopée française cependant les professionnels déplorent un manque de données scientifiques sur la composition chimique de cette plante.Ce travail évalue donc pour la première fois la composition chimique et les propriétés biologiques des extraits aqueux de P. amarus en se basant sur les habitudes de consommation de la population (infusion et décoction aqueuse) qui utilise aussi bien les parties aériennes que la plante entière. Nos résultats montrent que les parties aériennes et les racines ont une composition chimique très différente avec seulement deux molécules communes, l’acide gallique et la niruriflavone. De plus, les spécimens de Guadeloupe se sont également distingués des P. amarus d’autres pays par la présence d’acide caféoylhexarique et d’acalyphidine M1 dans les parties aériennes et de prodelphinidine-A2-3’-gallate dans les racines.L’étude des propriétés biologiques des préparations traditionnelles a permis de démontrer une forte activité antioxydante des deux parties de la plante avec une activité plus marquée pour les parties aériennes lorsqu’elles sont consommées fraîchement récoltées et pour les racines lorsqu’elles sont consommées séchées. Les résultats obtenus pour l’activité antidiabétique ont démontré que l’inhibition de l’enzyme glucose-6-phosphatase, impliqué dans la libération de glucose hépatique lors d’un diabète, était plus importante pour les extraits des parties aériennes fraîchement récoltées que pour les sèches. En revanche, l’activité antidiabétique était plus marquée pour les parties aériennes séchées que les fraîches qui n’ont pas montré d’effet significatif. Les fractions et molécules purifiées ont été testées pour leurs rôles dans les activités observées. De plus, l’étude de ce type d’extrait a permis de mettre en évidence, pour la première fois, la présence de polysaccharides hydrosolubles dont l’implication dans les activités antioxydantes et antidiabétiques a été démontrée.Cependant de nombreuses erreurs d’identification ont été mise en évidence entre deux espèces évoluant dans le même environnement : P. amarus et P. debilis. Les parties aériennes de P. amarus et de P. debilis ont été comparées et ont montré de nombreuses différences. Seules quelques molécules leurs sont communes. L’analyse des propriétés antioxydantes de P. debilis a montré une activité supérieure à celle des extraits de P. amarus. Seule l’activité antidiabétique par inhibition de la G6Pase a été observée et s’est avérée plus élevée que l’activité des parties aériennes de P. amarus. Cette activité était principalement due à la présence de la géraniine dont l’activité diminue au fur et à mesure de sa dégradation dans les extraits, à cause dans un premier temps de son hydrolyse en d’autres composés et dans un second temps de sa dégradation par le processus de séchage. De plus, l’utilisation de techniques de simulation de la digestion gastro-intestinale a montré que les molécules de hauts poids moléculaire ne sont pas directement absorbées sous leur forme intacte. En effet, 4 % des polyphénols sont bioaccessibles. Ce travail a démontré l’intérêt d’étudier les extraits de plantes en se basant sur les habitudes de consommation de la population tout en considérant les effets de la digestion sur le devenir des composés bioactifs.