Etude des déterminants nutritionnels de la santé mentale dans deux cohortes françaises : SU.VI.MAX et NutriNet-Santé

par Moufidath Adjibade

Thèse de doctorat en Santé et Santé publique

Sous la direction de Emmanuelle Kesse-Guyot.

Soutenue le 07-11-2018

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Galilée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Bobigny) (laboratoire) et de Université Paris 13 (Etablissement de préparation) .

Le président du jury était Serge Hercberg.

Le jury était composé de Pierre Lombrail, Cédric Lemogne, Raphaëlle Varraso.

Les rapporteurs étaient Cécilia Samieri, Jean-François Huneau.


  • Résumé

    La dépression est un trouble mental courant et la première cause d’incapacité dans le monde. Elle a été associée à une mauvaise qualité de vie, un déclin physique, et un risque accru de décès prématuré. De plus, la dépression entraîne un poids économique considérable, faisant d’elle une préoccupation majeure de santé publique. Les facteurs prédisposant ou protecteurs sont divers et inclus des indicateurs de mode de vie modifiables. De nombreuses études ont en effet suggéré que l’alimentation pourrait jouer un rôle important dans la survenue d’une dépression, toutefois peu de ces études se sont intéressées aux scores ou indices nutritionnels définis « a priori ». Ainsi, cette thèse avait pour objectif général d’étudier le lien entre la qualité globale du régime alimentaire (évaluée à l’aide de divers scores et indices nutritionnels « a priori ») et la dépression (plus précisément une symptomatologie dépressive), à partir des données issues des cohortes SU.VI.MAX et NutriNet-Santé. Les résultats de nos travaux ont mis en évidence une association inverse entre l’adéquation à l’alimentation méditerranéenne ou aux recommandations nutritionnelles (françaises et internationales) et le risque de symptômes dépressifs incidents.Toutefois, l’étude portant sur l’adéquation à l’alimentation méditerranéenne ne montrait des résultats significatifs que chez les hommes. Par ailleurs, l’alimentation « pro-inflammatoire » était positivement associée au risque de symptômes dépressifs incidents, mais dans la cohorte SU.VI.MAX, les associations n’étaient significatives que dans des sous-groupes de la population à savoir : les hommes, les fumeurs et les personnes pratiquant peu d’activité physique. Nos travaux ont également permis de mettre en évidence que l’adéquation à un nombre croissant d’indicateurs de mode de vie « sain » était inversement associée au risque de symptômes dépressifs incidents.L’ensemble de ces résultats suggèrent que la promotion des modes de vie « sains » (incluant une alimentation « saine ») serait importante dans une stratégie de prévention primaire des symptômes dépressifs.

  • Titre traduit

    Nutritional determinants of mental health in two French cohorts : SU.VI.MAX and NutriNet-Santé


  • Résumé

    Depression is a common mental disorder and the leading cause of disability worldwide. It has been associated with poor quality of life, physical decline, and increased risk of premature death. In addition, depression leads to a considerable economic burden, making it a major global public health. Protective and risk factors are diverse and include modifiable lifestyle indicators. Several studies have suggested that diet may play an important role in the risk of depression, but few of these studies have investigated the relationship between « a priori » dietary scores and depression. This thesis thus aims to investigate the relationship between overall diet quality evaluated using various nutritional « a priori » scores and incident depressive symptoms, using the data from SU.VI.MAX and NutriNet-Santé cohorts.Our findings showed an inverse association between adherence to the Mediterranean diet or nutritional recommendations (French and international) and the risk of incident depressive symptoms. However, the study on adherence to the Mediterranean diet showed significant results in men only. Moreover, « pro-inflammatory » diet was positively associated with the risk of incident depressive symptoms, but in the SU.VI.MAX cohort, the associations were significant only in some subgroups of the population: men, smokers and participants with low physical activity. We also showed that an increasing number of « healthy » lifestyle indicators was inversely associated with incident depressive symptoms.All of these findings suggest that promoting « healthy » lifestyles (including « healthy » diet) could be an important strategy in primary prevention of depressive symptoms.

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