Thèse soutenue

La rhétorique du blâme dans l'"Histoire Auguste"

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Auteur / Autrice : Benoît Chazal
Direction : Christiane Veyrard-Cosme
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études latines
Date : Soutenance le 15/12/2018
Etablissement(s) : Sorbonne Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....)
Laboratoire : Centre d'études et de recherches antiques et médiévales (Paris)
Jury : Président / Présidente : Philippe Heuzé
Examinateurs / Examinatrices : Christiane Veyrard-Cosme, Philippe Heuzé, Bernard Mineo, François Ploton-Nicollet
Rapporteurs / Rapporteuses : Bernard Mineo, François Ploton-Nicollet

Résumé

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La rhétorique du blâme dans l’Histoire Auguste se propose d’étudier comme un objet littéraire le recueil de biographies impériales connu sous le nom d’Historia Augusta, officiellement rédigé par six auteurs à la fin du IIIe siècle ap. J.C. et au début du IVe siècle ap. J.C., mais qui serait en réalité issu du fruit de l’imagination d’un unique rédacteur ayant vécu à la fin du IVe siècle ap. J.C., si l’on s’en tient à la thèse de l’historien allemand Hermann Dessau formulée à la fin du XIXe siècle. Le présent mémoire entend analyser les différentes stratégies destinées à dépeindre des images sombres d’une série d’empereurs légitimes et d’usurpateurs, compris dans la période historique qui débute avec le règne d’Hadrien et s’achève avec la chute de Carin (IIe-IIIe siècles ap. J.C.), dans un texte mêlant étroitement réalité et fiction. Le recours à des procédés de nature lexicale, stylistique, thématique et structurelle que l’on peut observer révèle l’importance de la mise en œuvre des ressources de la rhétorique épidictique, ainsi que la présence de nombreux phénomènes d’intertextualité, fondés notamment sur les Vies des douze Césars de Suétone, principal modèle du recueil. L’enquête conduit à un élargissement de la réflexion qui s’intéresse aux cibles de la critique. Si, derrière les figures des mauvais princes, le rédacteur cherche à fustiger les dérives du principat, il cherche également à mettre en oeuvre sa propre écriture, en tâchant de se distinguer des autres historiographes, dans un style qui accorde une large place à la fantaisie, à l’autodérision et au persiflage. Le mémoire s’efforce donc d’étudier la représentation des figures et des événements de l’histoire et de souligner les articulations entre poétique et rhétorique dans un texte majeur de la littérature latine de l’Antiquité tardive.