Thèse soutenue

L'influence des actions corporelles sur la perception et le comportement social : évaluation des effets des postures de pouvoir

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Auteur / Autrice : Hannah Metzler
Direction : Julie Grèzes
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences cognitives
Date : Soutenance le 13/12/2018
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Cerveau, cognition, comportement (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de neurosciences cognitives & computationnelles (Paris)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Nathalie George
Rapporteurs / Rapporteuses : Yann Coello, Roland Imhoff

Résumé

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Les postures corporelles signalant domination ou soumission servent une fonction de communication chez les humains et d’autres animaux. La question de savoir si l'adoption de telles "postures de pouvoir" influence la perception et le comportement de l'agent fait actuellement l'objet d'un débat. Le travail réalisé pendant cette thèse consistait à explorer les effets de ces postures sur des comportements étroitement liés à leur fonction primaire, à savoir la communication sociale, en se focalisant sur les réponses aux visages, signaux sociaux particulièrement saillants. Dans une série d'expériences, j'ai utilisé des méthodes de corrélation inverse pour visualiser les représentations mentales de traits préférés du visage. Les représentations mentales des visages préférés implicitement et explicitement évoquaient une impression affiliative et légèrement dominante, mais ne révélaient aucun effet reproductible des postures. Deux autres expériences distinctes ont étudié les effets de la posture sur la perception d’expressions faciales menaçantes et sur les comportements d'approche ou d'évitement en réponse à ces signaux. Bien que les postures n'aient pas d’influence sur la reconnaissance explicite d’expressions faciales menaçantes, elles ont un impact sur les décisions d'approcher ou d'éviter des signaux de menace. Plus précisément, l'adoption d'une posture de soumission augmentait la tendance à éviter les personnes exprimant la colère. Enfin, une tentative de réplication des effets des postures sur les niveaux de testostérone et de cortisol a démontré que même l'adoption répétée d'une posture de pouvoir en contexte social ne provoque pas de changements hormonaux. Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent que notre posture corporelle n’influence pas nos représentations mentales et notre perception des autres individus, mais pourrait influencer nos actions en réponse aux signaux sociaux.