Thèse soutenue

La représentation de l’ordre socio-cosmique : interprétation du rôle de Brahmā dans la sculpture du Tamil Nadu et du Deccan du 6ème au 9ème siècle

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Auteur / Autrice : Virginie Olivier
Direction : Édith Parlier-Renault
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance le 13/12/2018
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Centre de Recherches sur l’Extrême Orient de Paris-Sorbonne (Paris)
Jury : Président / Présidente : Sylvain Brocquet
Examinateurs / Examinatrices : Charlotte Schmid, Dominic Goodall, Valérie Gillet

Résumé

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Brahmā est introduit dans l’iconographie tamoule dès la fin du 6ème s. ou le tout début du 7ème s. par les Pallava, probablement originaires du sud de l’actuel Andhra-Pradesh : ils initient simultanément la sculpture sur pierre et le développement de la culture brahmanique dans l’extrême sud de l’Inde. La divinité apparait dans les fondations du Deccan à la même période : elle participe alors essentiellement de la triade qu’elle forme avec Viṣṇu et Śiva. La faveur que connait Brahmā par la suite, puisqu’il préside à la façade nord sur plusieurs temples shivaïtes de la fin de la période Pallava puis de la période Cola, est en revanche inédite dans d’autres traditions régionales : elle trouve sans aucun doute son origine dans la relation complexe de complémentarité et de rivalité qu’il noue avec Śiva - mais aussi Viṣṇu, même si elle est dans ce cas moins conflictuelle - dans l’idéologie royale développée par les rois Pallava, et plus particulièrement telle qu’elle est mise en scène dans l’iconographie narrative du temple Kailāsanātha à Kāñcipuram au début du 8ème s. Les interactions multiples entre les deux divinités s’articulent notamment autour de la confrontation ambiguë du brahmanisme orthodoxe avec une nouvelle forme d’expression du savoir śaiva d’une part, et, d’autre part, autour de la figure du roi, que peut représenter Śiva, et du brahmane, du purohita, incarné par Brahmā. Le contexte et la signification de ces représentations jusqu’au tournant du 10ème s. en regard de l’art contemporain du Deccan mettront en lumière les spécificités du sud tamoul mais aussi ce qui participe de concepts plus largement diffusés qu’il ne semblerait au premier abord.